Ce voyage au pays d'Arto souffre d'un scénario mal fagoté, comprenant pas mal de lacunes et quelques incohérences, ainsi que d'un montage maladroit et mal rythmé. On devine beaucoup de naïveté et d' "erreur de débutante" dans ce premier film de Tamara Stepanyan, dont se dégage néanmoins un certain charme. L'ardoise suspendue au-dessus du billard qui sert de support à une sorte de cours magistral était évitable, tout comme l'étonnement apparent de Céline quand on lui dit que le pays de son mari a subi deux terribles guerres...Fort heureusement, le côté contemplatif est plaisant, la caméra prenant le soin de s'attarder sur les beaux paysages arméniens. Le côté film de voyage est plaisant également, Stepanyan réussissant à trouver le ton juste avec quelques belles rencontres (j'ai beaucoup aimé Armen, le chauffeur de taxi) et une scène road trip musical plus vraie que nature dans le bus (belle chanson pleine d'émotion du rappeur arménien Lyoka).
Le film a le mérite de montrer sans l'idéaliser l'Arménie d'aujourd'hui, un petit pays enclavé et survivant entre deux Etats voisins ne cessant de l'agresser : l'Azerbaïdjan et la Turquie. La guerre est le sujet central du film, ainsi que -dans la première partie- le séisme de 1988 à Gyumri, très rarement évoqué dans les œuvres de fiction. À noter également quelques bonnes idées côté fiction, principalement les rêves de Céline où elle s'imagine interagir avec son mari décédé. Cela renforce le côté mystique du voyage.
Bref, un film agréable malgré ses nombreux défauts, qui a le mérite de faire découvrir les réalités arméniennes contemporaines, mais souffre de ne pas réussir à développer ses personnages.