Rythmé par la musique de Johnny Cash, I Walk the Line (le pays de la violence) est un superbe film désenchanté et automnal, dans lequel le shérif (magnifique Gregory Peck) d’une une petite ville du Tennessee tombe amoureux de la fille d’un trafiquant d’alcool.
Désenchanté et totalement ancré dans le Nouvel Hollywood, le film est animé à la fois par la même sève qui irrigue les road movie mais aussi les polars de l’époque, mais en opérant un mouvement qui s’amorce du côté de la période hollywoodienne classique.
En effet le début du film est presque fordien. Le shérif vieillissant est incarné par un Gregory Peck qui impose sa stature et sa droiture, dans la lignée des Wayne et Cooper, et qui règne en maitre, et en homme juste, sur sa ville. Mais rapidement ce personnage va se fragiliser.
Dans cette ville où il ne se passe rien, hormis quelques trafics d’alcool sur lesquels on ferme à moitié les yeux, Peck va faire la rencontre de cette fille qui va totalement le déstabiliser. Plus que briser sa morne routine quotidienne (au boulot comme à la maison) il voit clairement, à travers cette rencontre, la possibilité d’un nouveau départ, d’une nouvelle vie. A la fois un parfum de liberté et une manière de bruler toute l’énergie emmagasinée pendant des années. Si ce besoin de liberté et cette consommation d’énergie passe par la route, ou le crime, dans la plupart des films de cette période, ici elle passe par une relation amoureuse et fougueuse.
C’est aussi une manière de briser un interdit et de transcender son propre corps et sa propre pensée.
Frankenheimer filme la renaissance de ce corps vieillissant à merveille. Tout en captant toute le contexte de ce lieu et de ceux qui y vivent.
Sans dévoiler la fin, le désenchantement s’amplifie totalement dans le final, qui est très proche, en quelque sorte, de celui de Vanishing Point ou de Two-Lane Blacktop.
Teklow13
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le 14 sept. 2013

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