C'est l'adaptation du roman autobiographique de Wladyslaw Szpillman (joué par Adrien Brody) qui raconte comment il a fait, pour survivre dans le ghetto de Varsovie pendant la deuxième guerre mondiale.
Après le succès commercial de "La neuvième porte", du moins en France, mais aux critiques plus que mitigées, Polanski décide de parler de faits qui le touche particulièrement puisqu'il s'était échappé du ghetto de Cracovie quand il était enfant après la mort de sa mère. Donc on peut dure qu'il sait de quoi il parle.
Dans les années 90 , Steven Spielberg lui avait proposé de réaliser "La liste de Schindler" mais Polanski avait refusé trouvant la blessure trop forte.
Si Polanski a accepté cette fois de parler de cette blessure, c'est parce qu'il a rencontré Szpillman qui venait de sortir son roman. Malheureusement il mourut pendant l'écriture du scénario.
Pour le rôle du pianiste, Polanski avait envisagé Joseph Fiennes mais il avait un engagement au théâtre si bien qu'il dut refuser. Il fait alors passer un casting à plus de 1400 acteurs.
Son choix se porta sur Adrien Brody qui avait démarré sa carrière dans les années 90 mais il était encore méconnu. Il est extraordinaire dans ce rôle marquant. Il lui donne toute sa fragilité et son humanité . Il est émouvant. Sans doute son plus grand rôle.
A ses côtés que des acteurs , eux aussi pas vraiment connus et qui sont pourtant tous remarquables: que ce soit Thomas Kretschman (le plus humain des allemands ), Emilia Fox (aussi belle qu'humaine en musicienne ) ou encore Frank Finlay dans le rôle du père.
La reconstitution est incroyable: on s'y croirait. Polanski a en plus le bon gout de filmer sobrement (cela ne veut pas dire académique comme j'ai pu le lire chez certains détracteurs heureusement en minorité ) avec un vrai point de vue : celui du pianiste qui est de tous les plans ou presque.
Certains scènes sont dures mais Polanski ne s'y attarde pas et évite les gros violons.
SPOIL la scène ou Szpillman joue du piano devant l'officier allemand est superbe parce qu'elle montre que les allemands n'étaient pas tous inhumains et racistes . Un beau moment humaniste . Dans un sens , la musique lui a sauvé la vie au moins 2 fois dans le long métrage (SPOIL une autre avec un allemand antipathique mais qui le sauve juste parce qu'il aime la musique...!).
"Le pianiste" permit à Polanski d'obtenir un succès à la fois critique et public (autour d' 1 million 600 000 entrées en France sans compter des scores intéressants dans d'autres pays). Il reçut de nombreux prix : Palme d'or à cannes, César du meilleur film , du meilleur réalisateur et meilleur acteur, oscar du meilleur réalisateur et du meilleur acteur etc... C'est sans doute son film à avoir eu le plus de récompenses ! Son authenticité a payé. Il est devenu un classique du genre.