La course à l'excellence peut aveugler même les plus érudits, et ce principal de collège va faire l'impensable pour assurer à son fils une place dans un établissement élitiste... Inspiré d'une histoire vraie, Le Principal de Chad Chenouga est une comédie dramatique qui se repose (et elle a bien raison) sur le jeu impeccable de Roschdy Zem, campant son personnage balancé entre haute intelligence (on peut sentir la culture G copieuse du bonhomme) et erreurs bêtes (le manque de discernement n'en est que plus impressionnant). Les ressorts de l'affaire nous intéressent, le rythme est bon, et l'aboutissement nous fait quand même tiquer (ce n'est pas très moral, tout ça...), mais peut-être est-ce la fin du fait divers réel (le réalisateur ne le savait pas, s'inspirant plutôt de l'acte désespéré de départ, et ayant brodé la suite). Le Principal reste assez intrigant pour nous amener au bout de son histoire, en compagnie de personnages qu'on apprend à faire siens (Yolande Moreau est comme toujours : un véritable rayon de soleil, on l'adore). On ira même jusqu'à sur-interpréter un peu, en disant que l'on peut voir le jeu d'apparences, le "faites ce que je dis, pas ce que je fais" de ce principal, à la façon dont il s'exprime : il reprend sans arrêt son fils pour qu'il parle bien, mais n'est lui-même pas au point sur la bonne grammaire... Il dit avoir commis une "erreur" (et non une "faute", excluant le côté moral de son acte, on sait donc qu'il s'auto-persuade de n'avoir pas fait un geste grave), et se trompe sur le subjonctif (il dit à son fils de ne pas dire "après qu'il a" mais "après qu'il ait"... Sauf que c'est son fils qui a raison, Papounet n'est pas si calé qu'il veut le prétendre). Honnêtement, on pense que les dialogues ne l'ont pas fait exprès, et qu'on est encore parti dans une dissertation mentale à partir d'un heureux hasard, mais allez, on veut bien s'attabler au pupitre pour faire plaisir à ce Principal.