Sympathique et élégamment mis en scène, mais clairement pas inoubliable.
Du côté de l'intrigue et du suspense, comme prévu, c'est très laborieux car ce n'est pas du tout la priorité du réalisateur Robert Altman. Résultat : pas mal de longueurs.
Heureusement, il y a tout le reste :
- la coolitude décalée du nonchalant Eliott Gould, incarnant un Marlowe échappé des années 40-50, paumé dans le LA post-hippie des seventies.
- la satire sociale, Altman nous présentant une Cité des Anges corrompue et désenchantée.
- les décors envoûtants, avec une profondeur de champ typiquement altmanienne : des éléments de la scène se jouent au premier plan comme à l'arrière-plan.
- les ruptures de ton : dans cette atmosphère décalée (le chat, les voisines) et humoristique (le gardien imitateur, hilarant), voire grotesque (les gangsters qui se désapent), surgissent quelques éclats de violence inattendus.
Mon regret dans ce contexte, c'est l'absence de seconds rôles plus marquants : la meilleure preuve étant qu'aucun comédien du film n'a fait ou ne fera une grande carrière, hormis Sterling Hayden (qui campe un avatar d'Hemingway, sévèrement alcoolisé) et Arnold Schwarzenegger (dans l'une de ses premières apparitions au ciné).
Pour une vraie bonne detective story de cette période, privilégiez plutôt "Chinatown" de Polanski ou "Night Moves" d'Arthur Penn.