Quatre ans après son mitigé « Funambule », James Marsh (par ailleurs auteur d’excellentes fictions, telles « The King » et le deuxième volet de la très noire trilogie « Red Riding ») revient au documentaire en s’attachant à cette incroyable histoire : celle d’un chimpanzé (le Nim du titre) que l’on confronte au quotidien d’une famille humaine afin d’ observer ses réactions et son évolution. Nous sommes d’emblée séduit par la manière dont Marsh construit sa démonstration. Pas de données scientifiques qui eurent été incompréhensibles pour le grand public ni de grands discours sur la théorie de l’évolution Darwinienne : le réalisateur reste fidèle à une ligne de conduite simple qui consiste à alterner vraies et fausses images d’archives, entrecoupées de témoignages des principaux protagonistes de l’expérience.
Les images d’archives sont passionnantes par leur capacité à saisir l’intimité pouvant lier les différents protagonistes de cette expérience avec le chimpanzé, mais surtout à nous présenter un « héros » hors du commun. Nim s’avère en effet être une créature incroyable, un vrai personnage de fiction tant son caractère, son comportement sont le signe d’une personnalité hors norme, quasiment digne du César de « La Planète des Singes : les Origines ». Ce ressenti n’est toutefois pas palpable qu’à travers l’image, mais également par les réactions des personnes évoquées précédemment, très complémentaires.
Le réalisateur a d’ailleurs eu l’intelligence de ne pas uniquement interroger les gens sortis grandis de cette aventure. L’initiateur du projet, qui reconnaissait voir plus l’animal comme un cobaye qu’autre chose, apparaît ainsi à plusieurs reprises, ce qui prouve la volonté du cinéaste de ne pas tomber dans un plaidoyer pro-animal facile et larmoyant. C’est ainsi par tous les états que nous fait passer Nim durant 100 minutes : rire, émotion, angoisse, soulagement... Le parcours du chimpanzé est digne d’un vrai récit d’action, alternant moments d’intimités, séparations douloureuses, conflits avec un entourage parfois hostile et jours paisibles bien mérités. De quoi réévaluer sérieusement l’intérêt que nous portons à notre ancêtre... et au documentaire « animalier » !