Cela faisait un moment que je souhaitais le voir, pris d'une vraie curiosité pour cette production qui avait, quand même, dépassé le million d'entrées malgré des critiques assassines. J'étais ainsi sans grande illusion, mais de là à imaginer un tel désastre... Par où commencer. Au-delà d'une réalisation très médiocre, le scénario navre constamment par ses approximations, ses facilités, ses situations ridicules où l'on sent qu'il faut vraiment tout faire pour que le récit avance coût que coûte, et tant pis s'il ne ressemble à rien.

Comment a t-on pu arriver à une telle désolation en matière d'écriture ? D'autant que celle-ci se perpétue dans les dialogues, consternants de bêtise voire de vulgarité, et je n'ai pas encore parlé des personnages, proprement odieux voire scandaleux. Ainsi, ce qui avait plutôt bien marché dans « Le Ciel, les oiseaux... et ta mère ! » est un véritable désastre ici, accentué par des comédiens souvent très peu crédibles dans leurs rôles de banlieusards, le meilleur acteur de la bande se révélant sans surprise Roschdy Zem. On en viendrait presque à se demander si Djamel Bensalah vient vraiment de la banlieue tant il en parle mal, faisant de ses « héros » des caricatures ambulantes souvent lamentablement veules, dont la pseudo-évolution est rendue cataclysmique par le scénario.

On ne peut même pas vraiment compter sur des seconds rôles souvent en roue libre (la palme à Gérard Jugnot), seul Didier Flamand s'en sortant sans trop de dommages. Reste alors la beauté d'Hélène de Fougerolles, une ou deux répliques pouvant faire sourire, une poignée d'idées

(les 33 tours nous permettant d'avoir quelques bons morceaux, notamment le « Love Hangover » de Diana Ross)

et des décors vénézuéliens majestueux, pauvrement exploités par le réalisateur, si ce n'est lors de quelques plans larges nous laissant imaginer la splendeur constante qu'aurait pu être le film. Djamel Bensalah ou l'exemple-type du mec s'en sortant avec des budgets modestes, s'effondrant lorsqu'il a carte blanche pour des productions autrement plus ambitieuses. Naufrage complet.

Caine78
2
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films avec Omar Sy

Créée

le 3 oct. 2022

Critique lue 104 fois

Caine78

Écrit par

Critique lue 104 fois

D'autres avis sur Le Raid

Le Raid

Le Raid

7

CeeSnipes

le 20 mars 2012

Suivre

Big Dumb Fun

Après son premier long, Le Ciel, Les Oiseaux et Ta Mère énergique et quelque peu excité, soyons honnête, Djamel Bensalah eut un budget conséquent, pour réaliser un deuxième film, bien plus...

Le Raid

Le Raid

1

CorwinD

le 22 sept. 2013

Suivre

Not raid but bien dead !

Je coupe rarement un film. Même les mauvais, la léthargie qui m'empare devant l'écran pouvant suffire à me faire rester jusqu'au bout. Mais ici, je crois que le film m'a presque énervé. Tout le monde...

Le Raid

Le Raid

2

FPBdL

le 17 févr. 2013

Suivre

Critique de Le Raid par FPBdL

Merci au cinéma français pour ce film perte d'espace. C'est pas celui-ci qu'il faudra faire voir aux extraterrestres quand ils poseront la question...

Du même critique

Nous finirons ensemble

Nous finirons ensemble

3

Caine78

le 11 mai 2019

Suivre

Possible de finir avec quelqu'un d'autre?

Je garde un assez bon souvenir des « Petits mouchoirs », que je n'ai pas revu depuis sa sortie (ce que je ferais prochainement). J'avais ainsi bon espoir que Guillaume Canet soit capable de...

Mourir peut attendre

Mourir peut attendre

5

Caine78

le 7 nov. 2021

Suivre
Dernière modification

le 29 juil. 2026

Attente meurtri(ère)

Cinq ans d'attente, avant que la crise sanitaire prolonge d'une nouvelle année et demie la sortie de ce 25ème opus, accentuant une attente déjà immense due, bien sûr, à la dernière de Daniel Craig...

L'Origine du monde

L'Origine du monde

3

Caine78

le 25 sept. 2021

Suivre

L'Origine du malaise

Je le sentais bien, pourtant. Même si je n'avais pas aimé « Momo », adapté du même Sébastien Thiéry, cela avait l'air à la fois provocateur et percutant, graveleux et incisif, original et décalé,...