Dalton Trumbo, le scénariste de la mort qui tue...
Dans les années 50, il y avait le code Hays. Et ce code Hays, ils leur pourrissaient la vie, aux cinéastes en herbes qui fourmillaient d'idées, et à Mr Trumbo, ça la lui pourrissait sévère, il a même finit par écoper 10 ans de prison, le bougre ! Rah mais c'est qu'il faut pas trop le chauffer à Mr Trumbo, parce qu'il va vous sortir du papier et une machine à écrire, et vous tartiner en moins de deux un scénario à faire pleurer votre mère amatrice d'Agatha Christie qui les lit moins vite que le bonhomme écrit. En effet, Trumbo était dans la misère, et enchaînait les scripts pour gagner sa coûte, produisant série B sur série B à un train d'enfer, usant d'amphétamine pour tenir le rythme. Mais quelles séries B ! Le Rodeur possède une histoire démangé par la révolte et l'insolence, la colère et le mécontentement du scénariste qui vivait constamment sous pression, étant sur la liste noire des 10 d'Hollywood accusé d'activités anti-américaine. Recherché par la police, opprimé par les contrats, échauffé par le système américain...en ressort un film bourré de tics où la tension sexuelle est toujours à deux doigt du débordement fusionnel. Mais il y a la barrière. L'éternelle barrière. Le code Hays. Les critiques s'acharnent alors à proclamer que la grande force du film est de franchir cet obstacle de manière détourné, à l'instar de son inévitable cousin, Assurance sur la mort. Mais je trouve que la grande qualité du film provient de l'existence même de cette obstacle. En faisant corps avec cette sueur sur les membres, cette avidité dans les regards, cette moiteur existentielle lorsque la solitude règne, Losey (n'oublions pas son importance, le film est traversé de plans séquences qui méritent toute notre admiration, et nanti d'un rythme rapide, juste et équilibré, qui ne faiblit jamais, assez rare pour être remarquable) et Trumbo livrent une histoire sur les pulsions humaines quelque soit l'époque (crise du McCarthysme des années 50 ou années 80) retranscrit la réalité d'une manière délicieusement outrancière...et d'autant plus vraie. Cela s'appelle un chef d'oeuvre, quand les moyens et le temps permettent de développer le propos. Chapeau bas.