Film de fin d'études pour Tarkovski, enfin seul à la réalisation, "Le rouleau compresseur et le violon" est son troisième et dernier court-métrage, ainsi que son plus réussi.
M'attendant à nouveau à un film simplement plaisant, sans plus, le visionnage a eu l'effet d'un gros coup de fouet.
Il en faut parfois peu pour être émerveillé par une oeuvre. Ici, il est possible de l'être dès le générique; je l'ai été. Une simple musique agit, et l'on réagit.
Simple et efficace.
L'histoire qui nous est ici présentée est celle de l'amitié entre un garçon et un homme. Les deux personnages possèdent un élément distinctif. Pour se référer au titre, l'homme est ainsi le rouleau compresseur, tandis que le garçon est le violon.
Le récit est si simple qu'il en devient difficile à raconter. Tarkovski nous offre un court métrage de grande qualité, qui se vit, se ressent, s'expérimente.
Chaque plan dans le petit univers qui se découvre est un plaisir visuel.
Plusieurs idées s'accumulent également de ce point de vue. Une image floue qui redevient nette lorsque l'enfant doit se concentrer, un vieux bâtiment qui laisse place à l'écran à une cathédrale tandis que la pluie cède au soleil...
A n'importe quel moment, l'oeuvre peut nous toucher. L'homme qui prend le violon, si léger, entre ses mains... même un simple plan sur une pomme ou une fenêtre...
Simple et efficace.
Les sons et les images s’accordent si bien que l’harmonie des sentiments se fait naturellement .
Les acteurs, si naturels, contribuent parfaitement à cette cohérence. L'histoire entre ces deux êtres pourrait être annonciatrice du premier long métrage à venir. Un enfant solitaire, rencontrant un homme compatissant.
Le talent d'Andrei Tarkovski s'impose dans ce film émouvant, juste, marquant, et magnifique.
Il se pourrait que "Le rouleau compresseur et le violon" soit finalement l'oeuvre la plus accessible dans une des filmographies les plus impressionnantes de l'histoire du cinéma.