Après une mise en place lourdingue mais prometteuse, dans la continuité du geste burlesque d’un Claude Zidi qui n’a cessé d’investir, par la comédie, différents corps de métiers, Le Routard s’égare dans les méandres d’une intrigue concurrente sur fond d’espionnage et de sauvetage d’un objet mémoriel, délaisse la rencontre entre une destination touristique qu’un regard expert doit pouvoir démystifier et l’amateurisme d’un inspecteur fraîchement nommé pour se complaire dans un jeu avec des clichés inhérents aux cultures investies : on rit de l’accent japonais adopté pour dire « Champs Elysées », on confond les déjections d’un alpiniste allemand avec celles d’un yak, on rebaptise « bled & breakfast » un hôtel miteux censé représenter l’esprit marocain… La mise en scène perd rapidement sa rigueur initiale pour faire n’importe quoi, mention spéciale à la séquence de course-poursuite dans le souk tout à la fois illisible et hideuse – décidément, après Indiana Jones and the Dial of Destiny (James Mangold, 2023), le souk marocain ne réussit pas au cinéma ! Quelques bonnes répliques çà et là, et un couple de français bourgeois parachuté à Marrakech pour offrir à ses activités illégales un nouveau visage et quelques mots arabes baragouinés pour faire couleur locale, mais pas de quoi justifier le visionnage de cette production fade et impersonnelle.