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Un été corse
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le 25 mai 2024
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L'impression pénible de déjà-vu se renforce par la prévisibilité du récit et de ses intentions finales. La mise en scène reste engoncée dans ses références sans jamais les dépasser ou les réfléchir. On s'ennuie sec à voir le cercle de la vengeance reprendre la même forme comme une balle de caoutchouc.
Déjà, la volonté dès les premières images de nous montrer l'époque de l'action (les eighties) à coup de chansons, de vignettes, de cabines téléphoniques, sent le réchauffé peu pertinent. En fait, si on l'avait compris plus tard, au fur et à mesure, qu'on était dans les années 80, qu'est-ce que ça aurait changé au juste ? Rien, si ce n'est que l'attention de la mise en scène aurait été portée sur autre chose.
Ensuite, l'ellipse de la rencontre entre la jeune fille et le garçon dont elle tombe amoureuse (échange de regards / CUT / ils s'embrassent sous la douche) est assez insupportable, car elle renvoie cette rencontre à son seul aspect fonctionnel dans l'histoire (en fait pour le scénario on s'en fout de cette relation, il fallait juste montrer qu'elle avait d'autres préoccupations que la lutte de son père à laquelle elle va devoir se soumettre) D'ailleurs l'idylle ne sera pas développée par la suite du récit. Il me semble que c'est sur cette relation que le film aurait dû commencé. Pialat ou autre auraient su lui redonner de l'attention, de la force. Le choc de devoir l'abandonner aurait été d'autant plus frustrant, pour elle et pour le spectateur (un coup à la Psychose que plus personne n'ose tenter...)
C'est pourquoi je pense que le film est construit dans le mauvais sens, à l'envers : il part de la fille pour arriver au père. Au vu de ses intentions, c'est l'inverse qui aurait dû être traité. L'héritage lourd laissé par l’aïeul en aurait été plus fort : que le type se construise une mythologie vengeresse seul, c'est son problème, qu'il implique sa fille par ricochet (dont on découvre en cours l'existence, et non pas la sienne), ça devient problématique et d'un coup les enjeux dramatiques quittent le symbolique un peu resucé du "père ce héros"...
D'autant que l'imprécision des idéologies défendues (on sait pas trop de quel bord il se trouve, le spectateur étant maintenu à l'écart comme la fille : ça aussi ça n'est pas crédible, pas un discours politique qui ne traverse le film), dans une intention, on le sent, d'épurer et de ne pas prendre parti pour ne conserver que le symbolique, accentue malgré lui le caractère vain de la lutte. Au final, on s'y attend tellement, elle est tellement désincarnée, que la violence mise en scène par le film n'impacte pas le spectateur... pire on sent une complaisance, qui rappelle les films de genre...
C'est pourquoi le film de Perretti "A mon image" qui ne m'avait pourtant pas tant plu, mais pour d'autres raisons, s'avère tout de même bien supérieur, notamment par son souci politique et esthétique (il y a 100 fois plus d'inventivité).
De même "Ava" de Léa Mysius, dont l'actrice principale a des traits en commun avec celle du film de Colonna, m'a paru plus abouti dans l'attention portée sur la trajectoire de son héroïne.
Créée
le 24 juin 2025
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