Christian Robinson (Fabrice Luchini), archéologue vivant en Égypte, a sacrifié sa vie familiale pour son métier. Une quête en particulier régit son existence : le trésor du pharaon Kheops.
Au cours d'une fouille au Caire, il découvre une inscription qui laisse à penser qu'en 1799, pendant la campagne d'Égypte de Napoléon, Dominique Vivant Denon (premier directeur du musée du Louvre) aurait fait ramener le trésor en France.
Christian revient à Paris et retrouve sa fille, Isis (Julia Piaton), son petit-fils, Julien (Gavril Dartevelle), et son gendre, Guillaume (Johann Dionnet) qu'il n'a pas vus depuis 4 ans.
Le moins qu'on puisse dire c'est que l'accueil n'est pas des plus chaleureux. Sa fille, archéologue (de bureau), lui en veut de ne s'être jamais occupé d'elle, son petit-fils (lycéen qui s'ennuie) ne le connaît pas, et son gendre (directeur du musée du Louvre) lui annonce que Isis et lui sont sur le point de se séparer.
Il y a également une histoire de trafic de fausses œuvres d'art qui plombe l'ambiance.
Mais il est difficile de résister à un personnage comme Christian dont le côté passionné finit par contaminer tout son entourage, à tel point que la quête du trésor de Kheops devient une entreprise familiale.
Enfin le retour de la comédie d'aventure !!!
Il y a longtemps que j'attendais ça. Il faut vous dire que c'est le genre que je préfère. Depuis l'enfance où je passais mes mercredis, samedis, dimanches et vacances à parcourir le monde avec Tintin (à qui Barbara Schulz adresse un magnifique clin d'œil), à poursuivre Fantômas, à rejoindre le Brésil pour les beaux yeux de Françoise Dorléac, à me battre à l'épée au côté du Capitan ou du Hussard sur le toit, mon amour pour le romanesque en image ne m'a jamais quitté.
Ah ! J'en ai percé des mystères, j'en ai évité des pièges, j'en ai rêvé des trésors, j'en ai affronté des méchants, j'en ai secouru des femmes perdues dont je tombais éperdument amoureux.
Cela a démarré avec les bandes dessinés du reporter à la houppette, puis très vite est arrivé le cinéma. Avec des parents qui, Dieu merci, enregistraient les films.
A force de lire les génériques, j'ai appris à connaître les nom des "copains" qui venaient me prendre par la main pour m'emmener avec eux loin d'une enfance un peu trop triste et que j'aurais pu consacrer à l'ennui si André (Hunebelle), Gérard (Oury), Philippe (de Broca), ou Jean-Paul (Rappeneau) ne m'avaient pas donné le goût de l'évasion. La vraie, celle de l'imagination.
Je n'ai jamais eu le goût des voyages, mais qu'est-ce que j'ai pu partir loin !
La distance importe d'ailleurs peu. On peut parfaitement s'aventurer vers des contrées inconnues tout en restant dans une histoire qui se passe à Paris.
C'est le cas de "Le secret de Kheops" dont la majeure partie de l'intrigue se déroule dans notre belle capitale.
Ce qui compte c'est l'ailleurs plus que l'autre part. Un ailleurs où on a envie d'être.
On a tous jouer à "dans quels films j'aimerais vivre ?".
Eh bien, je pourrais vivre dans ce film et faire partie de cette famille.
Luchini est très bien en papy obsessionnel à la fois farfelue et insouciant. Un vieux gamin qui encourage son petit-fils à faire l'école buissonnière pour qu'il l'accompagne dans ses chimères.
Julia Piaton est à la fois belle et drôle, campe un personnage dont le caractère parfois revêche s'est forgé au contact de l'absence du père.
Le casting est bon. On y croit à cette famille qui doit apprendre à se connaître.
En face, il y a, comme il se doit, des méchants machiavéliques et effrayants, des flics paumés et stupéfaits, des personnages ambigus, des faux amis, des vrais seconds rôles.
Le rythme ne faiblit jamais. C'est un film sans temps mort. Les héros peuvent être essoufflés, ils ne s'arrêtent jamais.
Pour un premier film, Barbara Schulz a choisi de nous parler d'elle et de la relation compliquée avec son père. Mais là où le cinéma chiant (qui aurait eu de bonnes critiques) nous aurait proposé une mise en abîme avec sélection au festival de Cannes, elle a décidé de jouer la carte du divertissement, de l'hommage aux réalisateurs cités plus haut.
Elle a parfaitement réussi son coup puisque nous nous trouvons devant un film léger en apparence qui parle bel et bien de la relation père/fille, de la transmission entre génération, de l'influence bonne ou mauvaise que nos parents peuvent avoir sur nos comportements et sur nos vies.
Je ne dévoilerai bien sûr rien, mais les caractères des personnages principaux sont beaucoup plus profonds qu'il n'y paraît.
Le comportement de Luchini, par exemple, n'est pas simplement là pour donner un côté amusant à son personnage.
Comme c'était déjà souvent le cas chez de Broca, le caractère puéril, égoïste (bien que séduisant) cache une souffrance qu'il a fallu dissimuler par élégance, mais aussi pour ne pas être définitivement vaincu quand la vie a décidé de montrer les dents.
"Le secret de Kheops" est un film qui fleure bon l'enfance, dans lequel on a envie de rester un peu comme quand on était gosse, qu'on jouait sans se souciait de rien et qu'on espérait que l'instituteur oublierait de siffler la fin de la récrée.