Tout d'abord, halte aux idées reçues : Le silence des agneaux est tout sauf un film d'horreur, il y a certes quelques scènes gores, mais c'est un thriller, en aucun cas il ne fait peur. Par contre, une certaine tension, une angoisse s'installe tout au long du film. Et cela surtout à cause du terrifiant Hannibal, interprété avec excellence par Hopkins.
Nous avons devant nous un personnage lucide, froid, très sûr de lui, mais surtout manipulateur. Il parvient à nous angoisser nous, de l'autre côté de l'écran.
Continuons dans l'interprétation, si Hopkins et Foster ont reçu chacun un oscar pour cette raison, ce n'est pas pour rien, cette dernière réussit à nous donner de son personnage l'image de quelqu'un d'attachant, d'intéressant : on chercher à savoir, au même titre qu'Hannibal ce qu'il s'est passé dans son enfance.
Mais surtout, dans ces deux interprétations, le meilleur reste quand ces deux personnages sont face à face : on voit très bien qu'un lien se crée, même si ces personnages ne se connaissent finalement peu, ils savent exactement les réactions de l'autre, et aussi, leurs conversations restent des "échanges" : une information d'Hannibal vaut à Clarice un moment de sa vie à raconter à ce premier. On peut donc appelé cela un échange "loyal", d'égal à égal.
Néanmoins, leur première confrontation reste la meilleure, la plus marquante, selon moi, voici un extrait :
"Vous savez à quoi vous ressemblez avec votre sac à main et vos chaussures bon marché ? À une fille de ferme, une fille de ferme endimanchée, sans le moindre bon goût. Une alimentation correcte a fait de vous une fille solide mais vous n'êtes pas à plus d'une génération de la pauvreté crasse. N'ai-je pas raison agent Starling ? Et cette origine que vous essayez désespérément de cacher, vous venez du fond de la Virginie. Que fait votre père ? Est-ce qu'il descend dans la mine ? Est-ce qu'il empeste le charbon ? Et les garçons qui n'arrêtaient pas de vous sauter dessus, tous ces tâtonnements pénibles et moites à l'arrière des voitures pendant que vous ne rêviez que de partir, de vous sortir de là et d'entrer enfin au FBI."
Premier contact donc froid, mais tellement inoubliable.
Ensuite, question mise en scène, petit arrêt sur une scène qui m'a beaucoup marquée, réalisée avec brio et tout à fait réussie :
A un certain moment, Clarice et Jack, enquêtant chacun de leur côté pensent avoir trouver chacun le meurtrier, ils se rendent donc tous les deux à deux maisons bien distantes géographiquement. Au début, on a une vue de la maison de l'intérieur : là où Buffalo Bill est en train de se confectionner une peau avec celles de ses victimes (spoiler !), puis une autre scène vue de dehors, où Jack et des agents du FBI commencent à se poster autour de la maison et à frapper à la porte, ainsi de suite pendant une bonne minute, jusqu'à ce que l'on voie que ses maisons sont bien distinctes et que c'est Clarice qui se trouve devant la bonne maison.
Certes, c'est très mal expliqué, mais cette scène vaut vraiment le coup d'oeil.