9
le 7 juin 2016
SuivreThe Last Ride.
Biberonné aux plus illustres noms du grand banditisme durant son enfance à Chicago, où le monde des braqueurs sera partie intégrante de son environnement, le cinéaste Michael Mann attendra cependant...
(4.25).
Frank adopte son enfant comme il pulvérise chirurgicalement les couches de soudure des coffres forts. Il n'a pas peur de la manière brute, tant qu'elle a la précision de son désir. S'il faut acheter le môme ou percer le coffre, la question est toujours de savoir pour combien.
De toute manière ce ne sont pas les reflets métalliques des rues suintant l'eau de pluie qui feront office de déontologie. La ville consent autant aux agissement de Frank qu'il ne réussit à percer à jour sa chair ferreuse.
S'il y a un rêve à réaliser, un plan d'avenir synthétisé efficacement par quelques collages de magazine, chaque étape, la-femme-la-villa-le-gosse, sera exécutée avec le pragmatisme d'un professionnel en plein braquage.
Michael Mann donne beaucoup des traits du bandit charismatique à Frank : désinvolte, indomptable, ou même fringant. Mais il hérite en retour d'une sorte de retard et d'une défaillance sociale. Ayant récupéré Jessie avec 2 heures de retard, il croit avoir conclu
the beginning of the love story
pour ses salutations matinales régulières qu'il lui faisait au bar où elle servait, et s'étonne qu'elle n'ait pas pensée la même chose. Frank subit encore ses onze d'emprisonnement qu'ils ne l'ont pas fait grandir. C'est bien pour ça que maintenant c'est plus l'heure de traîner ni de séduire ni d'attendre les 9 mois : il n'y a plus le temps pour les formes, il faut adopter la méthode la plus efficace. Pourtant leur premier rendez-vous annonçait la désillusion à l'eau froide, ils surplombent l'highway où ça roule à toute vitesse mais sans la hauteur de vue qui mettrait au point la destination.
On retrouve l'idée lors de la séquence où ils sont en famille à la plage : il donne l'impression de s'éloigner de sa femme et de l'enfant en marchant, et par-là de refuser subrepticement de vivre le rêve familiale qui lui a promis, et au fond de rester seul car ils ne sont que de petites images collées quelque part dans sa quête de sens. Et il en vient à colporter jusqu'ici l'écrasante musique d'arrière-plan des scènes de ville. Elle était bien le signe qu'il ne fallait pas voir le beau plan d'ensemble horizontale à la mer comme un horizon de liberté, ou plutôt comme un horizon de liberté à portée de Frank.
Il y a toujours ce tissu sonore de notes graves qui rappelle à Frank qu'il fait surtout partie de l'environnement urbain bétonné de Chicago. Et que ses moments d'osmose avec ce qui l'entoure sont lors de scènes comme son passage, en imperméable gris-métal, dans l'industrie sidérurgique de son collaborateur : travelling seulement ici autorisé pour fondre Frank dans les milles instruments d'acier lourds à usage de haute précision. Brute et rigoureux sont les deux mots d'ordre. (Assez stupéfiant comment Michael Mann a pu passer de ce talent du traitement du matériau filmique initial à ce qu'il en reste dans Collatéral...)
Thief restera longtemps fascinant pour son personnage qui place sa liberté comme le terme ultime de sa vie, mais qui agit en permanence comme un pur agent technique d'un dessein qu'il a tout tracé à l'avance.
La Tabula Rasa final déchire tout si quelqu'un se met à marchander sa liberté ; et maintenant que tout a sauté, plus de femme plus de maison plus de collaborateurs il reste à refaire du collage, revenir à la naïveté un petit moment, pour exploiter méthodiquement ce qu'il nous reste à vivre. Il a bien raison.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.
Créée
le 10 juil. 2025
Critique lue 12 fois
9
le 7 juin 2016
SuivreBiberonné aux plus illustres noms du grand banditisme durant son enfance à Chicago, où le monde des braqueurs sera partie intégrante de son environnement, le cinéaste Michael Mann attendra cependant...
8
le 3 juil. 2020
SuivreÀ Chicago, Frank, ex taulard et bandit de haut vol, pactise avec un caïd sans foi ni loi, dans l'espoir de réaliser son rêve, fonder une famille. Le Solitaire (Thief) est un thriller américain...
8
le 21 mars 2015
SuivrePremier film de Michael Mann, précédemment connu en tant que producteur, scénariste ou encore réalisateur de films publicitaires, on retrouve déjà dans Le solitaire ce qui fera la réussite du...
8
le 10 juil. 2025
SuivreFilm-concert du début à la fin, le projet initial ne se fait pas parasiter par d'autres éléments qui auraient fait fausses notes.A l'heure des plates-formes musicales en ligne, on jouit d'une grande...
8
le 10 juil. 2025
SuivreCe que met en avant Rassoulof est une sororité à toute épreuve, mais qui traverse des conflits internes du fait des volontés individuelles qu'elle contient. Au conformisme protecteur de Nejmeh il y a...
7
le 10 juil. 2025
Suivre(3.25). 1985, cette petite ville des Landes irlandaises, encore sous l'emprise des clochers chrétiens, nous ferait presque croire qu'elle appartient toujours à l'époque victorienne. Chauffage au...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème