Franchement une bonne surprise. Ce film est servi par un bon scénario, qu'on imagine carrément inattendu aux états-unis, étant donné le buisiness engendré par le sport professionnel et les retombées médiatiques constantes et démesurées. Ce film relate avec brio le parcours d'un homme et d'une saison sportive qui ont fait date dans le milieu concerné, mais surtout, qui ont été surmédicalisés. Choisir un sujet de film dans ce contexte était donc franchement osé, et réussi. Avec un excellent scénario, mais aussi avec une excellente distribution et des acteurs au diapason.
Je ne suis pas un spectateur assidu de sport, a commencer par le foot et encore moins le baseball, vu le faible engouement pour ce sport dans l'hexagone. Mon plaisir a donc été particulièrement intense que je n'avais pas du tout suivi les péripéties de Billy Beane et de son club.
J'ai donc suivi ce film en me bassant sur les critiques plutôt bonnes et sur un pitch engageant. Et je n'ai pas été déçu. Le scénario met bien en avant les doutes, les conséquences sur la vie personnelle d'un métier exigeant et surtout un personnage. Billy Beane est ici décrit avec délicatesse, dans son milieu, pas vraiment tendre avec les gens. Par voie de conséquence, on y découvre donc les cotés sombres et les choix réalisés par ces professionnels en situation de stress intense ou au contraire, pétri par une institution archaïque et incapable de se remettre en cause.
Derrière le sport, on découvre un conflit de génération, une lutte de l'intelligence contre les habitudes. Tout est là.
Mais on peut voir aussi dans ce film un reproche plus classique, car reprit en coeur par de nombreux auteurs depuis au moins deux décennies. L'auteur critique la monétisation outrancière de ce sport, que l'on reproche à à peu près tous, d'ailleurs, à commencer par nos joueurs de foot.
Le business créé autour du sport est encore une fois montré comme malsain mais en toile de fond et avec une certaine finesse. À la manière d'un Taiichi Ono organisant les bases du Toyotisme dans les entreprises Nippones au milieu des années soixante, Benett Miller expose le point de vue de ce dirigeant visionnaire. Il mise sur une adaptation des joueurs sur le terrain du sport en limitant le plus possible les coûts et en restant polyvalents.
Bien sur tout ceci est romancé, le film est bien mis en place : excellente photographie, ambiance musicale travaillée, rythme impeccable.
On peut donc apprécier le film sur deux tableaux. Il impressionne par son efficacité en terme de scénario, réellement bon, mais aussi sur cette critique douce - amer, jamais virulente mais toujours juste, de l'excès apporté par l'argent dans le milieu sportif.
Bonne surprise.