IChronique paysanne dans la Chine rurale de l'an 1991 du calendrier lunaire, Le temps des moissons saisit la vie d'une communauté villageoise à ce point de bascule de la mécanisation et de l'exode rural.
Le film a une dimension naturaliste et une précision quasi-documentaire quand sont filmées les scènes d'enterrement, avec pas mal de plans larges qui réinscrivent la communauté dans ces terres où les individus moissonnent, vivent et meurent. Les mausolées familiaux sont dans les champs, et on comprend la justesse du titre anglais : living the land.
La caméra est très mobile et souvent à hauteur d'enfant - c'est le regard du petit Chuang, confié à ses grands-parents et sa jeune tante, sur les évènements qui rythment la communauté : travaux des champs, funérailles, fête du nouvel an, mariage. Souvent à hauteur d'enfant mais pas toujours, le film ne réussit pas totalement à tenir ce pari. Très belles scènes pourtant à l'école, et de nuit dans la campagne, quand Chuang s'en va faire le messager auprès de son instituteur.
Le temps des moissons est pour le moment censuré en Chine au motif qu'il donnerait une mauvaise image des réformes initiées par le gouvernement central (dont la fameuse politique de l'enfant unique). Est-ce qu'il aurait fallu censurer de même le documentaire de Gilles Perret, La ferme des Bertrand, ou le film des frères Taviani, Padre padrone ?