Magnifique !

Film naturaliste à la superbe photo qui explore l'impact du nouveau modèle économique chinois sur sa population rurale dans les années 90.

Tout passe par le point de vue de Chuang, garçon de 10 ans que ses parents ont laissé dans leur famille d'agriculteurs pour partir à la recherche de travail à Shenzhen.

Le réalisateur se base en grande partie sur les souvenirs de sa propre enfance.

Ce n'est à aucun moment didactique, le filmage comme le propos sont tout en délicatesse et en suggestion, maniant un symbolisme discret.

La caméra semble presque s'effacer devant ses sujets, qu'elle les suive par de lents travellings dans de très beaux grands angles extérieurs ou au plus près dans l'intimité de leur foyer.

On observe comment la transformation de la Chine impacte cette population agricole rurale qui est encore bloquée dans un mode de vie traditionnel assez frustre, comment elle bouleverse leur quotidien et leurs relations.

Tout est suggéré par petites touches qui bousculent leur vie quotidienne : la politique de l'enfant unique, le recensement de la population, l'encouragement de l'exode rural pour soutenir le développement industriel, une marche forcée vers la modernité.

Mais c'est aussi un film plein d'émotion qui prend le temps de développer ses personnages et leurs interactions. Plusieurs générations vivent sous le même toit et dans le même village, témoins de l'évolution du pays depuis près d'un siècle.

On assiste à leurs joies et leurs peines, à leurs enthousiasmes et aux épreuves qu'ils traversent au quotidien.

Ca faisait longtemps que je n'avais pas été ému de façon aussi simple et direct au cinéma, en particulier par la relation entre le jeune Chuang et sa tante Xiuying qui, à 30 ans passés, fait tout pour éviter un mariage forcé et rester indépendante, chose ardue dans un contexte socioculturel assez rude où la femme n'a pas voix au chapitre.

Je suis curieux de savoir comment ça a été tourné, car de toute évidence, à part quelques acteurs professionnels, ce ne sont que des gens du cru dans leur propre environnement qui vaquent à leurs activités habituelles. On flirte avec le documentaire.

Le film a décroché l'Ours d'Argent de la meilleure mise en scène lors de la Berlinale de 2025 ; si ça ne tenait qu'à moi, je lui aurais décerné l'Ours d'Or

CyKoNiKo
9
Écrit par

Créée

il y a 12 heures

CyKoNiKo

Écrit par

D'autres avis sur Le Temps des moissons

Le Temps des moissons

Le Temps des moissons

6

Plume231

le 12 janv. 2026

Suivre

Après la pluie vient encore plus d'emmerdes !

Vivre en tant qu’agriculteur dans la campagne chinoise en 1991, eh bien, ça n'envoie pas du rêve. Certes, à cette époque, sur les plans économique et technique, le pays se modernisait à vitesse grand...

Le Temps des moissons

Le Temps des moissons

7

Docteur_Jivago

le 11 janv. 2026

Suivre

Mémoire des champs

Dans Le Temps des moissons, Huo Meng filme une agriculture d’avant l’industrialisation massive, un monde réglé par les saisons, le travail de la terre et le rapport fort aux ancêtres. Très vite, on a...

Le Temps des moissons

Le Temps des moissons

8

Eric-Jubilado

le 30 déc. 2025

Suivre

Les misérables

Début des années 90 dans le Nord de la Chine. Le jeune Huo Meng est laissé par ses parents, qui descendent dans le Sud chercher du travail dans les grandes villes, à la garde de ses grands-parents,...

Du même critique

For All Mankind

For All Mankind

7

CyKoNiKo

il y a 26 minutes

Suivre

Critique de For All Mankind par CyKoNiKo

Saisons 1 à 3 de bonne qualité, avec un arc narratif qui se clôt correctement.Saisons 4 et 5 : très grosse baisse de qualité. Je les déconseille.

One-Punch Man

One-Punch Man

9

CyKoNiKo

il y a 1 heure

Suivre

Critique de One-Punch Man par CyKoNiKo

La saison 1 est un miracle, elle vaut 9.La saison 2 est une déception, elle vaut 5.La saison 3 est au-delà du médiocre, il faudrait utiliser un système de notation négatif pour estimer sa valeur.

Evil Dead Burn

Evil Dead Burn

7

CyKoNiKo

il y a 3 heures

Suivre

Critique de Evil Dead Burn par CyKoNiKo

Super idée de faire venir Vaniček sur ce projet. Raimi dit qu'il a adoré son Vermines et que ça a déclenché le reste. On revient aux basiques : le gore slapstick qui a fait la gloire de la franchise,...