Novembre 2023, et les salles d'écoles de chercheurs en mathématiques et sciences physiques sont occupée à quatre-vingt-dix pourcent par des hommes, une réalité que montre ce film, juste en passant.
Marguerite est étudiante, ambitieuse dans son domaine, la recherche pure. Depuis petite, les équations quantiques l'occupent et ont pris beaucoup de place, normal dira-t-on, pour passer en sup' (mouai...) Petite célébrité sur le campus, elle doit présenter sa thèse et passe sont temps à réviser, s'isole, stresse et au dernier moment, hésite, cherche de l'aide auprès de son superviseur, occupé ce jour-là, et effectivement le lendemain, ses résultats sont erronés. Elle s'effondre. Orgueil, honte, déception, colère, les émotions affleurent, pas toujours claires. La demoiselle nourrit des traits quasi-autistiques et mettra du temps à se dévoiler. Elle quitte l'école, un coup de tête apparent, pourtant immédiatement calculé niveau budget. Elle ne larmoie pas, s'adapte, cache la vérité à sa mère éloignée, et se mets à chercher du boulot et un endroit pour vivre.
Son ouverture au monde se fait en plusieurs étapes, drôles, enlevées, Marguerite ne se départissant jamais d'un goût affirmé pour la logique souvent kamikaze.
C'est une force du film de montrer un milieu sans en faire des caisses démonstratives puis de nous emporter dans des pistes surprenantes, d''abord inscrites dans un quotidien plus identifiable de galère de primo-accédant à l'emploi, post-étudiant, avec en passant là encore, des jobs "réservés" aux femmes, puis dans les circuits interlopes chinois du mah-jong., un jeu avec lequel Marguerite se découvre un talent certain et le film une nouvelle dimension. Un move qui rappellera la série The Queen's Gambit à ceux et celles qui l'auront vu, sans que ce soit gênant et au contraire, le film s'avérant au moins aussi riche et passionnant,tout en étant resserré...pas un mince exploit, finalement.
Car les mathématiques sont traités comme une fièvre, une possession, un élan que le contrebalancement des scènes de Mah-jong rend presque rock'n roll ou tribe; suivant les goûts.
Et c'est surtout la trajectoire de Marguerite, son charisme original et moderne, qui accroche. Sur une progression narrative plutôt convenue finalement, le film suit des pistes originales et bien senties, inscrites dans le contemporain comme un Klapisch à ses débuts, avec une petite inversion du paradigme homme/femme en prime. L'air de rien, potentiellement culte.