Marco Bellocchio réalise un film précis, documenté et fort bien rythmé. La photographie (Vladan Radovic) est absolument idéale, elle colle à merveille aux personnages et à l'ampleur de l'affaire.
Le récit, fluide, traine pour quelques rares scènes peut-être superflues, mais permet de saisir confortablement les enjeux essentiels du maxi-procès de Palerme.


Des choix de réalisation efficaces : le décompte des assassinats au rythme des secondes, la brièveté de la mort du juge Falcone, la récurrence du plan de vidéo-surveillance des accusés en prison.


Enfin, le jeu de Pierfrancesco Favino est remarquable. Il donne à voir une maîtrise parfaite de cette face de mafieux transfuge, tiraillé entre l'étrange honneur des bandits et la puissance incassable de son amour familial.
Ses épaules larges et ses mains calleuses s'articulent finement pour donner toute la profondeur nécessaire au personnage.


Un biopic habilement mené qui ne pouvait s'accomplir qu'avec une bonne interprétation, ce qui, grâce à Pierfrancesco Favino, est réussi.

Motherfuck
7
Écrit par

Créée

le 24 nov. 2019

Critique lue 467 fois

10 j'aime

Motherfuck

Écrit par

Critique lue 467 fois

10

D'autres avis sur Le Traître

Le Traître
EricDebarnot
8

Le Soprano

Et si Marco Bellocchio était l'un des grands réalisateurs italiens (presque) oubliés par l'histoire ? Depuis le choc de son "les Poings dans les Poches" en 1965, il a réalisé près d'une cinquantaine...

le 1 nov. 2019

40 j'aime

12

Le Traître
Grimault_
8

L'homme qui tua les nervis balance !

Même si le nom de Marco Bellocchio attisait déjà l’intérêt des festivaliers, Il Traditore n’était pas le film le plus attendu de la Compétition. Pourtant, au sortir de la séance de gala au Grand...

le 26 mai 2019

39 j'aime

7

Le Traître
Dagrey_Le-feu-follet
8

Lorsque les hommes de la Mafia sicilienne parleront, c'en sera fini de Cosa Nostra(Giovanni Falcone)

Dans les années 80, la guerre fait rage au sein des différents clans de la Mafia. L'un de ses membres, Tommaso Buscetta, va briser la loi du silence et livrer des révélations qui permettront au juge...

le 29 oct. 2019

33 j'aime

11

Du même critique

Après l'histoire
Motherfuck
5

Non

J'ai eu du mal à terminer Après l'Histoire. Ce n'est pas que le texte soit difficile d'accès, c'est plutôt que le ton contempteur, méprisant et dépréciatif de Muray a fini par me saouler, si bien que...

le 29 mars 2020

24 j'aime

15

1917
Motherfuck
10

Oui

C’est agaçant cette interminable antienne de la supposée opposition entre le cinéma et l’entertainment, anglicisme intraduisible désignant le divertissement sans l’art, le spectaculaire émotif,...

le 26 janv. 2020

24 j'aime

9

Sérotonine
Motherfuck
7

Oui

C'est bien Houellebecq, sur l'échelle de Richter c'est toujours un petit séisme, et chacun de ses livres fait toujours le même effet, c'est navrant et délicieux, je dirai 3/10 sur l'échelle de...

le 11 févr. 2020

23 j'aime

5