The Irishman sans le rajeunissement moche (et en mieux)

De Bellocchio je ne connais que Vincere que j'avais beaucoup aimé et je dois dire que ce traître m'a bien plu également. Outre le sujet, j'ai beaucoup aimé la photographie, j'ai vraiment aimé l'esthétique du film et ses couleurs... J'aurais dit qu'il y a presque un petit côté Michael Mann de ce côté là (toutes proportions gardées, évidemment).


Et puis c'est un film sur un procès et j'aime les procès, je trouve ça fascinant au cinéma. Alors là ce n'est pas le plus important dans le film, du moins ce qui prend le plus de place, d'ailleurs j'en aurais voulu beaucoup plus, mais ce qui intéresse le plus Bellocchio je dirais que c'est les raisons qui ont poussé Buscetta à parler, à se confier au juge Falcone.


Il n'oublie pas, par ailleurs, notamment avec la scène de fin, de nous rappeler que Buscetta n'était pas nécessairement « un bon gars », il n'y a pas d'idéalisation du personnage. Et je l'aime pour ça la fin, elle est absolument terrible, le gars que l'on a suivi, pour qui on a éprouvé de l'empathie pendant 2h30, qui a perdu ses fils, il faisait partie de la Cosa Nostra, il a tué, il a juste trahi parce que ses valeurs morales n'étaient plus en adéquations avec celles de la mafia actuelle (et pour sauver sa peau).


Et donc à aucun moment sa vie de mafieux ne fait envie. On ne voit pas la vie luxueuse, on ne voit qu'un homme qui tente de s'en sortir alors que tout le monde veut sa peau.


Finalement pour ça le film est à rapprocher peut-être de The Irishman sur l'envers du décor de la mafia, avec beaucoup moins de strass et de paillettes que dans d'autres films. Il faut noter que je préfère mille fois le maquillage de ce film au rajeunissement numérique, c'est bien moins gênant.


Si certes le film est moins violent et radical que Gomorra il dépeint malgré tout ce milieu violent, désespéré où rien n'est jamais oublié ou pardonné.


Il faut également noter que le film est étonnamment compréhensible même pour des gens comme moi qui ne connaissaient rien de toute cette sinistre affaire au départ. Je note juste que l'on n'insiste pas forcément tant que ça sur l'importance des révélations de Buscetta sur l'organisation de la mafia. Si j'ai bien compris en réalité à l'époque lorsque Buscetta révèle ça à Falcone celui-ci n'en avait aucune idée.


En tous cas c'est un bon film.

Moizi
7
Écrit par

Créée

le 31 déc. 2019

Critique lue 2.1K fois

13 j'aime

Moizi

Écrit par

Critique lue 2.1K fois

13

D'autres avis sur Le Traître

Le Traître
EricDebarnot
8

Le Soprano

Et si Marco Bellocchio était l'un des grands réalisateurs italiens (presque) oubliés par l'histoire ? Depuis le choc de son "les Poings dans les Poches" en 1965, il a réalisé près d'une cinquantaine...

le 1 nov. 2019

40 j'aime

12

Le Traître
Grimault_
8

L'homme qui tua les nervis balance !

Même si le nom de Marco Bellocchio attisait déjà l’intérêt des festivaliers, Il Traditore n’était pas le film le plus attendu de la Compétition. Pourtant, au sortir de la séance de gala au Grand...

le 26 mai 2019

39 j'aime

7

Le Traître
Dagrey_Le-feu-follet
8

Lorsque les hommes de la Mafia sicilienne parleront, c'en sera fini de Cosa Nostra(Giovanni Falcone)

Dans les années 80, la guerre fait rage au sein des différents clans de la Mafia. L'un de ses membres, Tommaso Buscetta, va briser la loi du silence et livrer des révélations qui permettront au juge...

le 29 oct. 2019

33 j'aime

11

Du même critique

Star Wars - L'Ascension de Skywalker
Moizi
2

Vos larmes sont mon réconfort

Je ne comprends pas Disney... Quel est le projet ? Je veux dire, ils commencent avec un épisode VII dénué de tout intérêt, où on a enlevé toute la politique (parce qu'il ne faudrait surtout pas que...

le 21 déc. 2019

488 j'aime

48

Prenez le temps d'e-penser, tome 1
Moizi
1

L'infamie

Souvenez-vous Bruce nous avait cassé les couilles dans sa vidéo de présentation de son "livre", blabla si tu télécharges, comment je vis ? et autre pleurnicheries visant à te faire acheter son...

le 29 nov. 2015

303 j'aime

146

Le Génie lesbien
Moizi
1

Bon pour l'oubli

Voici l'autre grand livre « féministe » de la rentrée avec Moi les hommes je les déteste et tous les deux sont très mauvais. Celui la n'a même pas l'avantage d'être court, ça fait plus de 200 pages...

le 4 oct. 2020

243 j'aime

61