Pour son premier long métrage, après quatre courts, Hélène Rosselet-Ruiz a imaginé s'inspirer de l'une de ses expériences professionnelles en poussant encore davantage les curseurs. Luxe et servitude : dans Le triangle d'or, nous voici plongés dans un appartement somptueux où vit cloîtrée une jeune femme, maîtresse d'un prince saoudien. Une vie sans limites financières, mais marquée par de fréquentes périodes de solitude. La confronter à une assistante personnelle, sorte de bonne à tout faire, et notamment réceptacle de ses caprices, est l'idée principale d'un scénario plutôt bien construit autour des relations évolutives entre ses deux héroïnes, esclaves chacune à leur façon. C'est presque dans un décor de téléréalité avec des caméras dans chacune des pièces d'habitation que se déroule ce thriller psychologique dont la tension est palpable. Cependant, il y a quelque chose de trop attendu dans le film, des comportements et des événements qui ne surprennent pas vraiment. Cela n'empêche pas de montrer à quel point l'argent peut pousser à des situations dans lesquelles l'idée de dignité s'efface peu à peu. Les deux actrices principales sont remarquables et complémentaires : Malou Khebizi et Soundos Mosbah transcendent une histoire singulière, mais hélas extrêmement crédible dans un monde où la richesse des uns ne se confronte aux autres que par la domination voire l'humiliation.