Le Vent se lève
7.3
Le Vent se lève

Long-métrage d'animation de Hayao Miyazaki (2013)

Après avoir vu la quasi-totalité des productions du studio Ghibli, et la totalité des films de Hayao Miyazaki, aller voir ce qui est annoncé comme son dernier film procure à la fois un sentiment d'excitation et d'angoisse. La peur que ce ne soit pas à la hauteur des attentes extraordinaires placées en lui.
Et dès les 15 premières minutes, j'étais rassuré. Miyazaki est bien le maître du vent, personne ne sait faire vivre cet élément, le plus noble et le plus insaisissable comme lui. La séquence d'ouverture nous entraîne dans l'enfance de Jiro Horikoshi, sa rencontre onirique avec Caproni, ingénieur Italien, lui inspirant une vocation de concepteurs d'avions.
L'histoire peut ne sembler être qu'un prétexte pour explorer une dernière fois la passion de Miyazaki pour l'aviation (après Porco Rosso notamment), pourtant elle est bien plus que ça. Réel hommage, pamphlet antimilitariste ("les avions ne devraient jamais être utilisés pour faire la guerre"), et également la première vraie histoire d'amour portée à l'écran par ce réalisateur, Le Vent se Lève brasse de nombreux sujets, tout en gardant une poésie et une finesse rarement égalées.
Miyazaki aime ce qu'il fait et l'histoire qu'il raconte et cela se sent. Il joue avec le temps comme avec le vent, l'accélérant tantôt par ellipses, le ralentissant parfois pour nous faire prendre conscience de la beauté de l'instant. D'un tremblement de terre à un mariage traditionnel, d'un chapeau qui s'envole à un avion en papier, la vie rattrape Jiro en parallèle de son obsession pour les avions.

Enfin, comment ne pas souligner le travail à nouveau remarquable de Joe Hisaishi ? La musique accompagnant le film est sublime, articulée autour de trois thèmes principaux (Journey, Caproni, Naoko), accentuant encore la beauté et l'élégance de ce film.

Le Vent se Lève est le film le plus adulte, le plus mature de Hayao Miyazaki. Selon toute vraisemblance, ce devrait également être son dernier. Si cela est vrai, le plus grand génie de l'animation vient de tirer sa révérence, et de quelle manière. Arigatô, Miyazaki-sensei.

Créée

le 30 déc. 2014

Critique lue 1.2K fois

Black_Key

Écrit par

Critique lue 1.2K fois

53
9

D'autres avis sur Le Vent se lève

Le Vent se lève

Le Vent se lève

5

marcusquick

le 8 janv. 2014

Suivre
Dernière modification

le 24 janv. 2014

Le vent se lève (mais il ne m'a pas emporté!)

J'aurais voulu aimer ce film et pouvoir en dire du bien, mais je dois l'avouer, cette fois ci - et c'est bien la seule - je me suis vraiment ennuyé devant un film de Miyazaki. L'animation, toujours...

Le Vent se lève

Le Vent se lève

8

Fritz_the_Cat

le 23 janv. 2014

Suivre

Les Ailes du désir

Contrairement à ce que laisse penser sa filmographie, Hayao Miyazaki est un homme qui a les pieds sur terre. Cinéaste intransigeant avec lui-même autant qu'avec ses troupes (voir le sort réservé au...

Le Vent se lève

Le Vent se lève

6

Torpenn

le 7 févr. 2014

Suivre

Le zéro et l'infini

Aller voir le dernier Miyazaki en salle est depuis longtemps déjà un rituel précieux que la pénurie en dessins animés rend d’autant plus indispensable. Amateur forcené de petits gribouillis qui...

Du même critique

What a Wonderful World

What a Wonderful World

9

Black_Key

le 14 nov. 2015

Suivre

Time for hope

Ce matin, j'ai pas envie de rigoler. Ce matin, j'ai une sacrée gueule de bois. Pas du genre qu'on fait passer en buvant je ne sais quelle mixture miracle, pas du genre qui attaque le foie en même...

The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders From Mars

The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders From Mars

9

Black_Key

le 11 janv. 2016

Suivre

Aladdin Space

Ce décompte-là on l'avait pas vu venir. Il a eu lieu en stéréo, un peu camouflé par le reste, pas comme celui de Space Oddity. Il a probablement démarré à peu près au même moment, initié à ta...

Il était une fois en Amérique

Il était une fois en Amérique

10

Black_Key

le 17 déc. 2015

Suivre

Brumes et Pluies

Le temps passe. Facilement, il se confond et perd sa structure. Les souvenirs, regrets et joies se mélangent et forment un dédale infini. Les époques se recoupent, se font écho. Elles s'entrelacent...