Ah mais le film est aussi moche que sur l'affiche! On dirait une cinématique playstation 1, avec juste un peu plus de textures!
Bon, on va dire que l'importance c'est la cohérence du dessin.
Et le contenu.
Alors parlons du contenu, plutôt.
Quentin Dupieux nous fait un dessin animé existentiel façon Waking life de Linklater. Alléchant sur le papier. Sauf que, contrairement au film de Linklater, celui de Dupieux ne va pas bien loin, en fait.
Des personnages s'aperçoivent à cause de bugs récurrents qu'ils sont dans une simulation. Ils apprennent alors que leur vrai moi est celui qui est de l'autre côté du miroir. On est en territoire connu, mais qu'en tire Quentin Dupieux?
Des répliques marrantes. Genre "Et ça, ça existe? Non! Bah si, ça vaut 8000 euros, alors ça existe quand même, hein?"
Bon...
Mais à part ça : le vide. Il semble, d'après le titre, qu'on voulait nous embarquer dans un vertige. Il faudrait pour cela aller plus loin. Philip K. Dick savait par exemple parfaitement orchestrer ce genre de vertiges, c'est pour ça que ceux de Linklater fonctionnent. A quelles questions existentielles touche-t-on ici? C'est trop court pour aller en profondeur, et le miroir a beau être au centre de l'intrigue, ça manque de réflexion.
Sur un sujet similaire, nous avions également The truman show qui est autrement vertigineux. Mais c'est parce que nous avions un personnage réel pris au piège de la simulation. Un personnage que le spectateur savait ne pas être à sa place. Rien de tel ici, finalement chacun est à sa place. Autant se demander comment notre personnage vit lorsque l'écran est éteint, quand on joue au sims.
En renversant le paradigme à la fin du film, Quentin Dupieux veut justement plus impliquer le spectateur. En faisant un simili bêtisier, il va jusqu'à se mettre en scène lui-même dans ce monde factice.
Mais sans réelle interrogation sur la place de l'individu dans un monde donné, sur un rapport entre la simulation et le réel, qu'est-ce que cela apporte?
On a bien un retournement qui élève au carré cette histoire de monde factice. Le procédé est aussi simple et galvaudé qu'habile, mais faute d'avoir questionné le spectateur, ou simplement d'avoir marqué la différence (sortir de l'animation aurait été bienvenu), la chute tombe à l'eau.
Finalement, c'est la reprise des bugs étranges qui émaillaient les jeux vidéo du début de la 3D qui séduira peut-être le plus le public, au moins les gamers présents dans la salle. Le Vertige est bien, de fait, une partie de sims.
Sinon, je vous annonce que nous sommes aussi dans une simulation. A l'instar des personnages du film, j'ai trouvé un bug incontestable. Lisez-le à vos risques et périls, car après cela, votre conception entière du monde aura changé.
Donald Trump est président des Etats-Unis.