A l'image de son personnage principal, Leçons d'harmonie est coincé entre son aspiration à la pureté et sa confrontation permanente à la violence. Aslan, élève étrange et incompris, se lave deux fois par jour et s'entiche de la seule fille voilée de sa classe. Condamné à la mort sociale par les racketteurs de l'école, il va tenter de s'en sortir en recourant à son intelligence.
L'image est belle, la réalisation est calme et posée. Une impression d'observation quasi-scientifique se dégage et semble répondre aux expérimentations auxquelles Aslan se livre sur les cafards qu'il ramasse.
Ce qui prévaut, c'est le constat de la deliquescence d'une société, dans laquelle les individus, isolés, s'en remettent à la loi du plus fort ; une logique de sélection naturelle qui, appliquée à l'Homme, va fatalement se confronter à l'éthique.
Sobres et intelligentes, ces leçons d'harmonie sont sans doute mon film kazakh préféré.