C'est les bras ballants (et non pas les jambes longues, "Longlegs"... Comment ça, "on sort ?") que l'on avoue que l'on ne comprend pas l'engouement général pour le réalisateur Oz Perkins. Trois films sortis en cinéma (Longlegs, The Monkey, et maintenant L’Élue), trois moments d'incompréhension de notre part (allez, admettons, The Monkey est rapidement drôle pour les ados, car bébête). Ce L’Élue nous a convaincu d'arrêter les frais. Alors donc, pour les jeunes couples de Minuit, pour les "déçus de places restantes" (merci Avatar 3, qui remplit les salles annexes de spectateurs dépités de n'avoir pas réservé plut tôt), pour les "Perkins-fans" (on vous voit) : fuyez. Cette histoire de jeune femme dans une cabane dans les bois (oui "encore"), soumise à différents bruits de tapage et quelques visions hallucinatoires, est d'un commun aliénant. On sent que le film essaie de trouver une porte de sortie pour ne pas tomber dans le genre de la "cabane dans les bois" (ce qu'il est à 100%, ne nous faisons pas d'illusions), et trouve une idée au pied levé. Et l'on se dit qu'il aurait mieux fait de ne pas avoir d'idées, tant celle qui nous propose nous a fait rire (de dépit). Alors donc, on nous pond une intrigue de
jeune homme maudit car il a tué (pour s'amuser... "Ah, les jeux, dans notre jeunesse...") une femme malheureuse, qui l'oblige à vivre éternellement, en nourrissant un monstre "multi-femmes" dans sa cave, sur lequel se greffe chacune de ses victimes...
Concrètement, vous n'êtes plus trop sûr de ce que vous regardez, vers la fin, et lorsque le
monstre se dévoile avec ses visages accumulés (une vision en 3D d'une gravure hindoue) déboule, en numérique baveux indigne d'un grand écran (que c'est laid),
on explose de rire incrédule. A peu près rien ne justifie que vous vous infligiez pareil film, de sa BO "klaxon" uniquement destinée à vous faire sursauter au détour d'un rêve cauchemardesque balourd (il n'a que ça pour vous faire peur... Mais on a un peu l'impression de se répéter depuis Longlegs, damned...) jusqu'au twist de fin qui fait ricaner d'incrédulité. Si c'est Oz Perkins, "L’Élu" de l'Horreur moderne, mieux vaut regarder "Le Rebut" (tout le reste).