Extrêmement proche du personnage de Victor le nettoyeur dans Nikita, Léon est un tueur méthodique, solitaire, peu bavard et imposant, le genre de type à qui on ne demande pas l'heure et qui n'embête personne. Un géant discret siégeant dans un appartement miteux situé dans un immeuble bruyant et mal famé où il cultive sa plante, unique compagnon jusqu'à l'arrivée de Matilda, sa voisine dont les parents ont été assassinés par un ripoux sous acides.
Léon, c'est Jean Reno, plus taciturne que jamais, envahissant l'écran par de sa présence majestueuse. Le rôle de sa vie. Matilda, c'est la toute jeune Natalie Portman, treize ans, angélique et convaincante ; une véritable révélation inoubliable. Le ripoux responsable de la mort de ses parents, c'est Gary Oldman, tout simplement hallucinant en flic drogué ultra-violent sans aucune pitié, tuant femmes et enfants si nécessaire...
Derrière la caméra, un Luc Besson au sommet de son talent, mettant en scène sont premier film américain. La réalisation est stylée, fluide, efficace, le réalisateur français mélangeant avec grâce scènes d'action explosives (telles l'arrivée-surprise du S.W.A.T. dans l'appartement de Léon ou encore la fusillade de début) et séquences d'émotion prenantes entremêlées de passages comiques cocasses comme le concours de déguisements d'acteurs connus, d'une tendresse rare.
Également pourvu de répliques cinglantes et d'une tension parfois intenable, Léon est une œuvre poignante, divertissante et magnifique, l'un des films les plus marquants de Besson et un choc filmographique intense, quoiqu'on en dise.