Franchement, j'enchaîne les déconvenues au cinéma, c'est affligeant. J'attendais beaucoup du nouveau film de Tarik Saleh, après avoir vraiment apprécié La Conspiration du Caire il y a quelques années.
Alors, que se passe-t-il ici ? Voilà une histoire passionnante, mêlant milieu du cinéma et rivalités politiques, dans un pays si important et si particulier, des acteurs tous remarquables, une alternance de situation tragiques et de moments comiques et pourtant ...
Au total, ce doit être une question de montage. Et de longueur. Il faudrait que les réalisateurs comprennent que ce n'est pas la peine de dépasser deux heures pour faire un film respectable ! Souvenons-nous que la plupart des chefs d'oeuvre des années 1960 ou 1970, durait autour de 1h30, avec des exceptions évidemment, certains cinéastes faisaient toujours long avec bonheur (Hitchkock par exemple), la plupart très rarement. En une heure et demi, Les Aigles aurait sans doute gagné en densité, en ressort, alors que là, c'est souvent plat, et on se demande pourquoi cette voiture roule si longtemps sur cette piste de terre avec Le Caire au loin.
La résolution de la crise est trop complexe. Bien sûr, dans un régime où s'affrontent des clans, où tous surveillent tous, il est compliqué de tout exposer : mais alors comment se fait-il que le film est si long sans que le spectateur saisisse tout ? Le cinéaste peut bien sûr rompre le récit, pratiquer l'ellipse, laisser supposer plutôt qu'exposer, ménager le choix du spectateur sur ce qui est arrivé à tel ou tel, mais dans ce cas, cela doit se faire, encore une fois, au profit du rythme!
Il faut vraiment de l'opiniâtreté à continuer à aller au cinéma par ces temps de disette narrative et inventive ...
Mesdames Messieurs les producteurs, les distributeurs, demandez du NERF aux réalisateurs!