Ce film m’a totalement subjugué, tellement qu’il est passé directement dans mon top 10.

J’ai eu la chance de pouvoir le voir au cinéma, où un grand écran est plus à même de pouvoir laisser exploser toute la beauté et la puissance du cinéma de Wenders, particulièrement établie dans ce film. Je n’avais vu que Paris, Texas précédemment, que j’avais beaucoup aimé (9, quand même ce n’est pas rien), même si face à celui-ci je lui ai trouvé un petit côté papier glacé.

Tout d’abord, le premier élément de ce film auquel j’ai totalement adhéré, c’est la très pratique et intelligente utilisation du noir et blanc dans ce film, non seulement là pour nous offrir un monde glaçant et magnétique, mais surtout pour trouver un parallèle simple et pourtant tellement efficace et joli, la coupure entre ce monde des anges dans lequel nous nous retrouvons dès le départ, et le monde des humains que nous découvrirons un peu plus tard. Ce n’est pas le premier film à utiliser le noir et blanc par choix depuis l’arrivée de la couleur, mais c’est surement le premier qui utilise les deux procédés de façon aussi majestueuse au profit de l’histoire pour un résultat aussi grandiose. Seul Le magicien d’Oz en 1938 avait tenté une chose de la sorte avec la réalité en sépia avec le monde d’Oz dans ces couleurs très pétantes.

Ensuite, l’histoire d’amour, qui entre toutes est une des plus belles que j’ai vue, jouée de façon si sobre, montrée si joliment et simplement, sans excès ni outrance, juste par des regards attendris regardant un ange qui se balance ou un regard dans le vide, cherchant ce qui nous effleure l’inconscient. Cette histoire m’a particulièrement touchée, car sans même se poser la question, sans y réfléchir d’avantage, et sans même savoir si la réciprocité allait avoir lieu, cet ange, que nous suivons tout au long de ce film à travers les différentes personnes qu’il va écouter et aider, va renoncer à son immortalité, son omniscience et ses pouvoirs pour une humaine dont il est tombé sous le charme dès les premières secondes, sans même la connaître. Si ce n’est pas de l’amour, ça !!

Et puis, ce film nous offre une sorte d’universalité. Durant tout le film, nous allons ainsi nous retrouver dans une bibliothèque, un cirque ou sur un plateau de tournage de cinéma, nous allons parler en allemand, an français, en anglais. Et en même temps, la plupart des émotions ne vont pas forcément passer par la parole, Wim Wenders, particulièrement au début de son film, va nous offrir une mise en place de son histoire de la manière la plus simple possible, à travers des regards et des gestes, dans la bibliothèque et le train nous comprenons en quelques secondes qui ils sont (les anges) sans qu’ils n’aient prononcé une seule parole, et dans le cirque nous voyons déjà l’histoire d’amour qui se profile et déjà nous voyons la fragilité émotive de notre ange (« Un ange passe »).

Donc voilà, ce film m’a totalement conquis autant dans la forme que dans le fond, il a touché d’une manière dont je ne m’attendait pas du tout mon petit cœur si romantique, c’est une splendeur visuelle et émotive, je l’aime !!
Northevil
10
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le 25 janv. 2013

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Northevil

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