Anaïs est une jeune femme en quête perpétuelle de changement. Elle est avec un mec dont elle se fiche un peu, tout en lui annonçant qu'elle est enceinte, mais a un amant de vingt ans plus âgé qu'elle, sans que ça ne la dérange. Au fond, son désir est là ; de vivre, de bouger, d'aimer. Jusqu'à ce qu'elle rencontre l'épouse de son amant, une écrivaine dont elle commence à éprouver des sentiments plus forts.
Dans le genre film sympa, Les amours d'Anaïs se pose là. J'ai été emporté par l'énergie de son actrice principale, Anaïs Demoustier, par la grâce de Valeria Bruni-Tedeschi, le côté faux-jeton de Denis Podalydès, et ça donne quelque chose d'enthousiasmant. Dans les faits, on dirait que le personnage serait pansexuelle, car elle aime des gens différents, peu importe leur sexe.
Mais elle a aussi un caractère léger, qui frise même l'inconscience, notamment dans la scène où elle voit son mec officiel et qu'elle lui dit qu'elle est enceinte, l'air de rien. Elle va ainsi avorter de cet enfant qu'elle ne veut pas, là aussi comme elle irait chez le coiffeur. On voit bien qu'elle est en galère d'argent (elle ne peut pas payer son loyer), de travail (elle est encore étudiante à trente ans, et doit soutenir une thèse), mais elle lâche tout pour ses envies. Notamment un joli passage où elle se rend en province chez ses parents, et sa mère qui a aussi une part de légèreté, lui annonce qu'elle est gravement malade.
Mais de manière plus générale, le film parle de la naissance d'une envie ; pas forcément sexuelle, mais de celle de faire ce qu'on veut, qu'importe les conséquences. Dans un rôle qui aurait pu être jouée par Ludivine Sagnier, car elle avait cette même énergie dans sa jeunesse, Anaïs Demoustier est toujours aussi formidable, et avec cette façon de parler très vite, de ne jamais tenir en place, elle est toujours en avant.
Je reprocherais juste à l'histoire de se terminer d'une manière plutôt abrupte, mais assez ironique quand on pense à ce qui se dit quelques minutes plus tôt, mais voilà un film vraiment charmant, de par ses acteurs et actrices, et qui sont filmés par une réalisatrice, Charline Bourgeois-Tacquet, qui les suit à la trace. Espérons que ce premier film ne soit pas un beau coup d'essai.