Comme sur son précédent film, le pertinent "Maman a tort", le réalisateur Marc Fitoussi se plante sur la durée de son métrage, trop long et souffrant par conséquent d'un rythme languissant.
Entre l'introduction en mode satire sociale, et la dernière partie plus axée sur le thriller, "Les apparences" s'étire inutilement au cours d'un ventre mou durant lequel les personnages évoluent très peu, et la trame finit par tourner en rond.
Sans ce mauvais choix en matière de timing, on aurait assisté à une peu originale mais agréable chronique bourgeoise d'inspiration chabrollienne, inévitablement débutée par un adultère et achevée par un meurtre.
On observe ainsi une petite bande d'expatriés français installés dans la capitale autrichienne, confits dans leurs habitudes de nantis et leur certitude d'appartenir à une élite. La charge est gentiment sévère, c'est à dire assez convenue. On aurait souhaité quelque chose de plus percutant, plus venimeux ou plus inattendu, à l'image des deux-trois ultimes scènes, pour le coup réussies.
Outre quelques coïncidences bien pratiques, la dimension thriller souffre pareillement d'un manque de relief, on n'est jamais véritablement surpris par ce qui survient lorsque l'intrigue s'accélère.
Un mot sur l'interprétation, dominée par Karin Viard, dans un rôle sur mesure qu'elle maîtrise fort bien. La prestation sobre de Benjamin Biolay en salopard taiseux ne marquera pas les esprits, peu aidé par un personnage insipide, au contraire de seconds rôles qui tirent leur épingle du jeu, à l'image de la toujours décalée Laetitia Dosch, de l'étonnante Evelyne Buyle, ou encore du régional de l'étape, l'étrange Lucas Englander.
Sans être désagréable, "Les apparences" reste donc un film moyen, malgré une certaine élégance formelle, parmi les moins intéressants de Marc Fitoussi (le meilleur de sa part restant à mes yeux l'attachant "Copacabana").