Il n'est pas interdit d'essayer d'imaginer ce qu'un Chabrol aurait pu tirer du sujet et surtout des situations de Les apparences. Sans doute aurait-il ajouté de la méchanceté et de la causticité, en particulier pour évoquer la merveilleuse vie des expatriés, avec leurs mondanités, leur existence en vase clos et leurs bonnes œuvres. Il y a de l'ironie dans le film de Marc Fitoussi mais relativement inoffensive et elle ne fâchera strictement personne, pas même ceux qui pourraient s'y reconnaître, à Vienne ou ailleurs. On trouve aussi dans Les apparences la chronique d'un couple qui bat de l'aile mais qui se retrouve uni quand cela est nécessaire. Les petites histoires qu'il traverse sont assez classiques (même si leur résolution ne l'est pas) et on les regarde d'un œil distrait tellement la mise en scène manque de nerf. Le film se termine en outre d'une façon un peu étrange, faute d'avoir pu s'offrir un dénouement original. Karin Viard domine sans forcer l'ensemble de l'interprétation, dans une veine "vacharde" qu'on lui connait bien mais elle a le chic et le talent de savoir se renouveler dans son jeu sans tomber dans la caricature. Malheureusement, à son côté, Benjamin Biolay livre une prestation neutre et c'est plutôt un euphémisme car il a l'air totalement absent et nullement intéressé par son rôle, pas très valorisant, il faut bien l'avouer.