C'était bien, Les Bad Guys, en 2022. Car même si mettre en scène des méchants n'était pas nouveau, le film soufflait un certain vent de fraîcheur bienvenu chez DreamWorks Animation.
L'oeuvre aurait pu rester à l'état de one shot, tant elle se suffisait à elle-même.
Une suite risquait donc d'écorner la bonne impression laissée par le sympathique quintet il y a trois ans.
Mais Les Bad Guys 2 prolonge les thématiques de son aîné de manière plutôt maligne, ancrant chaque membre du groupe dans une démarche de réinsertion après la prison pour le moins... Difficile, restant aux yeux du plus grand nombre des criminels sans aucun espoir d'amendement.
Cette ironie mordante n'éclipse pas l'énergie débordante du film, affirmée dès les premières secondes de l'aventure en mode Mission : Impossible, le temps d'un casse exotique en souvenir des exploits de ces cinq prédateurs adeptes du grand spectacle.
Pour ne plus jamais quitter le film. Nerveux, bourré d'adrénaline, survitaminé, tandis que le découpage de l'action se fait frénétique. Les Bad Guys 2 voit donc plus haut et plus fort, réaffirmant ses nombreuses influences, ses débordements typés à la fois manga et comics, ou encore ses hommages en forme de lettre d'amour.
Et même si en 2025, l'effet de surprise ne peut plus être émulé, le charme de ces drôles de prédateurs agit toujours, tout comme les relations au sein du groupe, renouvelées, leurs facéties et leurs maladresses gaguesques.
Le seul coup de moins bien du film réside dans l'absence totale de charisme du groupe de malfaiteurs antagoniste, dont le character design passe partout n'aide jamais à vraiment les considérer. Et s'il permet d'envisager d'une autre manière nos bad guys par rapport à leurs activités criminelles, on sent de ce côté là que le film reste un peu court, évoquant de manière lointaine le plan de Gru dans le premier Moi, Moche et Méchant. Tandis que la chef fait méchamment du pied à Kung Fu Panda, tellement celle-ci ressemble à une petite sœur du terrible Taï Lung.
Le climax spatial permet néanmoins d'oublier en majorité cette légère déconvenue, tant il s'inscrit dans la continuité de la douce folie d'un film toujours aussi chatoyant, drôle, énergique et enlevé dans une animation et un graphisme en forme de nouvelle formule magique.
Une aventure diablement fun et frimeuse à l'image d'une désormais saga qui ne ménage jamais ses effets.
Behind_the_Mask, de l'or en orbite.