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le 10 mai 2015
SuivreLa Loi du marché
Fin des années 40. Solidement implanté aux USA, Jules Dassin n'a pas encore fui la chasse aux sorcières qui se profilait dans l'ombre du sénateur McCarthy, traque anti-Rouges zélée qui allait mordre...
La grande originalité de ce film de Jules Dassin (son dernier réalisé aux États-Unis) tient au contexte socio-économique dans lequel le thriller noir se noue : le commerce des pommes, de la récolte dans les champs à la vente au marché de gros en passant par le transport routier. On sent dans Thieves' Highway une volonté très nette de dépeindre de nombreuses étapes du processus, avec une attention particulière sur les différentes phases transitoires — la négociation du prix entre convoyeur et producteur, le déplacement des tonnes de produits d'un point A à un point B en camions plus ou moins vétustes, la revente des fruits une fois arrivé dans les halles de San Francisco. Même si la première composante reste bien celle du film noir, qui prendra de plus en plus d'importance à mesure que l'intrigue se déploie, j'ai trouvé très intéressant cette façon de raconter la dureté des conditions de travail de cette poignée de personnages, protagonistes ou personnages de second plan. On manque de mourir écrasé sous le poids d'un camion en essayant de changer un pneu, conduire plus de 20 heures d'affilées traîne son lot de dangers de la route dans son sillage, le contact avec les commerçants mafieux se fait parfois au péril de sa cargaison (et de sa vie)... Cette vie n'est décidément pas de tout repos.
Dans le rôle principal, Richard Conte (qui ne m'avait jamais vraiment marqué jusqu'à présent) compose un personnage plutôt attachant, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, au début engagé dans une relation amoureuse en toute naïveté, contraint de s'embarquer dans cette galère de pommes pour retrouver et confronter la personne responsable de l'accident et du handicap de son père — il a perdu ses jambes. Il croisera de nombreux autres paumés sur sa route, et la chose la plus réussie à ce niveau se trouve probablement dans la difficulté à cerner le positionnement de chacun d'entre eux : mis à part le grossiste véreux remarquablement interprété par Lee J. Cobb, tous et toutes conservent une part d'imprévisibilité très appréciable, évoluant dans une zone grise incertaine. C'est en particulier le cas de Valentina Cortese, personnage singulier à la lisière de tous ces mondes, vie nocturne, marché, et corruption. Il n'y a que ce happy end un peu étrange qui vient atténuer le trouble puissant du film, et ce dès le moment où la petite amie du héros se détourne de lui au creux d'un revirement vénal sorti de nulle-part. Cela dit, rien qui n'efface totalement l'image ultra marquante du coéquipier mort dans son camion en feu, au milieu des cageots de pommes explosés, après avoir raté un virage.
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Créée
le 4 août 2026
Critique lue 6 fois
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le 10 mai 2015
SuivreFin des années 40. Solidement implanté aux USA, Jules Dassin n'a pas encore fui la chasse aux sorcières qui se profilait dans l'ombre du sénateur McCarthy, traque anti-Rouges zélée qui allait mordre...
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le 8 juin 2014
SuivreTrès joli film noir que ces bas fonds de Frisco, on ne s'ennuie pas une seconde, les personnages sont tous utiles et moteurs du récit, ce qui fait qu'on se sent dès le début impliqué dans le...
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le 19 nov. 2013
SuivreSi on m'avait dit un jour qu'une histoire de pommes me scotcherait autant devant mon petit écran... Parce que c'est vrai que sur papier, à priori, "Thieves Highway" n'est pas particulièrement...
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le 20 juil. 2014
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le 10 janv. 2015
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