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Je n'avais jamais entendu parler de Don Medford et je comprends assez bien pourquoi, au regard de ce western exécrable, pétris de clichés tous plus cons et bourrins les uns que les autres — il faut vraiment beaucoup de tolérance et de contextualisation historique pour parvenir à adopter une position plus apaisée devant un tel étalage de médiocrité. "The Hunting Party" se résume à une bête opposition entre deux personnages : Gene Hackman, le méchant gentil, le tortionnaire censé être dans le camp du bien, montré comme un notable détestable qui violente sa femme et qui se comporte comme un impérialiste primaire ; Oliver Reed, le gentil méchant, le hors-la-loi censé être dans le camp du mal, montré comme une brute épaisse initialement pour mieux laisser exploser sa gentillesse et son cœur gros comme ça dans la seconde partie du film.


Et voilà, on a là tout le scénario : Hackman viole sa femme (Candice Bergen), Reed kidnappe cette dernière, puis la viole, puis la défend, elle tombe amoureuse, et Hackman est à leurs trousses en les dégommant les uns après les autres avec son proto-sniper. Fin. "Les Charognards" est stupide sur à peu près tous les sujets qu'il touche, évidemment le rapport à la féminité est un condensé de connerie (on est en 1971, dans un western aux États-Unis, c'est l'inverse qui aurait été surprenant), les acteurs jouent comme des ânes, la photo est dégueulasse, on a droit à quelques séquences avec une toile en fond digne d'un machin des années 50, mais le plus grand tort de la chose tient manifestement à la faiblesse d'écriture — tout, scénario et personnages, nage dans une unilatéralité et une superficialité hallucinantes. Medford a oublié toute forme de subtilité pour décrire la fameuse hunting party éponyme menée par ses riches notables, pour transformer les gentils en méchants plus méchants que les méchants, on dirait vraiment une copie de collège tellement c'est grossier et bête. Le film s'essaie même à quelques sorties lyrique et poétique comme dans son final, ultime séquence de la chasse à l'homme, dans le désert, mais c'est peine perdue. Même la scène censée être drôle, celle où le méchant amadou la femme avec un pot de pêches au sirop, ne fonctionne pas dans ces conditions (alors qu'elle aurait pu être drôle).

Créée

le 18 août 2025

Critique lue 34 fois

Morrinson

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