''Les chevaux de feu'' Тіні забутих предків (Les ombres des ancêtres oubliés) – 1965 de Sergei Parajanov, semblent poursuivre une idée qu'ils ne rattrapent pas.
On voit où l'auteur voudrait en venir, mais ça n'advient pas, ça ne fonctionne pas. La poétique est discordante, le jeu et les maquillages manquent soit de naturel, soit de davantage de stylisation pour capter la puissance du folklore houtsoule – qui se suffirait en soi, sans maniérisme. On est dans un entre-deux, un style hésitant entre naturalisme et symbolisme. Le parti pris plastique offre certaines belles images dans leur composition baroque ou leur registre onirique – les scènes à travers l'eau, les séquences dans l'église, dans la maison de l'épouse ou dans le cabaret –, mais par ailleurs la multiplication de cadrages trop serrés, des balayages rapides et des séquences tremblées caméra à l'épaule sont en rupture de style et brouillent la lisibilité de ce qui est montré. Le fil narratif de cet amour contrarié ne suffit pas assurer une continuité, il faut les intertextes et les commentaires incessants des commères en voix off pour suivre un tant soi peu l'enchaînement des douze tableaux. Il est difficile d'être captivé par les personnages, particulièrement par ce Roméo qui a l'air d'un grand nigaud dérangé.
On voit bien le but visé par le projet, mais sa réalisation s'avère pesante et manquer de grâce. On reste détaché de l'exercice de style, on regarde sa montre, en un mot, on s'ennuie.
Nota : néanmoins remarquable replacé dans le contexte soviétique d'alors. Mais que dire d'un film dont l'intérêt disparaît avec son contexte historique ? Un vrai documentaire eût fait l'affaire.