Au lu du pitch, je m'attendais à un vrai film fantastique à la française, sorte de croisement entre "Perfume" (pour la gamine surdoué en odeurs) et "The Butterfly Effect" (pour les allers-retours dans le temps grâce à un marqueur). Malheureusement, la déception est de mise. La fillette au centre de l'intrigue a bien un don avec les odeurs. Mais celui-ci ne sera jamais ni vraiment compris par son entourage, ni utilisé par le scénario.
Sérieusement, ça ne choque aucun adulte qu'elle se trimballe avec des pots louches ? Qu'elle s'évanouisse régulièrement ? Et d'où vient le flacon qui lui fait faire des bonds dans le passé ? Je veux bien admettre qu'on nous laisse quelques pistes ambigües, mais là ça sent plutôt la paresse scénaristique. Tandis que les bonds en question n'ont pas grand intérêt, de simples flashbacks auraient suffi.
En fait, "Les Cinq Diables" demeure un drame tout ce qu'il y a de plus français. Une tragédie autour d'une famille marquée par un passé sinistre. Le volet fantastique va (très gentiment) remuer tout ça, mais n'est ni nécessaire ni bien exploité.
Ceci dit, le volet dramatique est bien construit. Des personnages touchants, dévorés par des frustrations d'antan, et bien interprétés par des acteurs en forme. Visuellement l'ensemble a un joli cachet, ayant été tourné en Isère, et mettant en valeur ses paysages montagneux.
S'il on met de côté le fantastique qui fonctionne mal, "Les Cinq Diables" parvient à demeurer intéressant, et à se construire une ambiance trouble.