Il y a des films qui font vraiment douter du processus décisionnel dans le monde du cinéma. Qui écrit le scénario ? Qui lit le scénario ? Qui dit "Oui Ok, on y va" ? Qui paye ? Questions pas vite répondues avec Les Condés, qui semble venir tout droit d’un vieux DVD oublié au fond d’un vidéoclub des années 2000. Nordine Salhi et Ryad Luc Montel nous livrent ici un chef-d'œuvre du genre « on a essayé ».
Le scénario ? Oh, il existe, du moins sur le papier. Deux flics, des enquêtes, des gags censés être drôles. En pratique, c’est une collection de vannes qu’on croyait mortes et enterrées depuis Les Ripoux, recyclées avec l’élégance d’un sac-poubelle éventré. Un humour tellement forcé qu’on imagine les acteurs en sueur après chaque prise, priant pour que ça passe. Spoiler : ça ne passe pas.
Le jeu des acteurs oscille entre le surjeu clownesque et le regard vide de celui qui sait qu’il aurait dû lire le scénario avant de signer. Certaines scènes sont d’une gêne absolue, comme si le film lui-même n’avait plus envie d’être là. Et la mise en scène ? Minimaliste. Très minimaliste. Peut-être un hommage au cinéma conceptuel ? Ou peut-être qu’on a juste filmé Marseille et tout ça avec l’énergie d’un dimanche matin froid et pluvieux en Basse Silésie. Un comble pour la cité phocéenne qui ne mérite pas çà.
Et puis, il y a cette musique. Vous savez, ces playlists YouTube “musiques libres de droit ambiance action” ? Voilà. Un festival d’anonymat sonore qui colle parfaitement avec l’ambiance du film : oubliable.
Alors oui, on rit. Pas avec le film, mais du film. Un nanar en puissance ? Peut-être. Une erreur judiciaire ? Très certainement. Reste à espérer que les réalisateurs retenteront leur chance, avec un peu plus d’audace et beaucoup moins de blagues si foireuses et malaisantes.