Sept copains, de grands enfants, décident un jour de faire subir à Ambert et Issoire, sous-préfectures endormies et très provinciales, les outrages de leur caractère facétieux. Après une très succincte présentation des personnages, la seconde partie du film relate trois farces perpétrées dans un esprit collégial et collégien.
Gentiment satirique, l'oeuvre de Jules Romains moque la société bourgeoise en prenant pour cibles ses institutions les plus représentatives: les services protocolaires, toujours prompts à encenser la mémoire d'un grand français, et les militaires sont ridiculisés tandis que l'espiègle Benin (Philippe Noiret), le meneur, adresse à l'office un sermon ravageur et particulièrement subversif.
Ces blagues de potaches et l'existence toute entière des sept copains suggèrent tout un art de vivre qui n'a jamais été qu'une utopie. L'amitié et la fantaisie, la nature et l'esprit de l'enfance, la spontanéité et la liberté sont autant de vertus pour accéder au bonheur, bien plus sûrement que les critères du modèle bourgeois.
Le style et les inventions de la mise en scène épousent parfaitement le caractère et l'action saugrenue des protagonistes. Et on ne s'étonne pas qu'Yves Robert, l'auteur d' "Alexandre le bienheureux" ou de "Un éléphant..." ait pu s'intéresser à ce sujet, moins proche du postulat anarchiste ou révolutionnaire que de la fantaisie des surréalistes.