Parfois, quand vraiment je suis au bout du rouleau, je me laisse tenter par une comédie française. Histoire de me mettre vraiment en état de mort cérébrale et de perdre tout à fait foi en l'humanité. Blague à part, c'était pour recharger les batteries en surchauffe de mon neurone que j'ai opté pour ce film facile d'accès, après une thèse métaphysique en VO sur les errances machistes des jeunes espagnols contemporains ( Les tournesols sauvages, pour ne pas la citer...). J'espérais bien n'avoir rien à me mettre sous la dent cérébrale, et c'est parti comme ça, en effet, dans un prologue plutôt plaisant façon La boum, mettant en scène deux adottes aux profils très dissemblables. Régression gentillette aux années 90, le Grand Bleu, sa BO et les cocktails apéritifs au goût de Malabar en prime. Le retour au présent s'est avéré moins enlevé, malgré le mauvais caractère ronchonnant de l'une des protagonistes, toujours encline à voir les défauts des gens et les problèmes potentiels de chaque situation en premier. On en connaît des tas, des comme ça... une sororité immédiate me lie à elles, personnages bourrus qui se cachent derrière une fausse misanthropie indécrottable. Déboule dans l'histoire la deuxième héroïne, farfelue, joviale, bavarde, nympho et mytho, bref, tout le contraire, et nous voilà partis pour une réinterprétation de la Chèvre ou de l'Emmerdeur, au féminin, qui associe irrémédiablement deux caractères que tout oppose. On sait où l'on va, c'est une comédie, il faut bien que l'humanité en sorte grandie après avoir raclé résolument le fond pendant le développement de l'action. Après tous les passages obligés du genre, on aboutit donc invariablement à un dénouement plein de bons sentiments qui réconcilie les extrêmes, et je ne me sens guère le courage de critiquer ces fins artificielles en diable dans le contexte des législatives qui nous attendent dans quelques jours. Croyez-vous qu'à la fin, on puisse vraiment se tomber dans les bras et accepter nos différences jusque là irréconciliables ? J'en doute fortement, mais, au moins, l'espace d'une comédie, j'aurai fait semblant de trouver tout cela attendrissant à défaut de vraisemblable... Les comédiennes se régalent dans cette histoire d'amitié entre Droopie et Zébulon dans un décor de carte postale, les barrières tombent et l'amour triomphe, voilà voilà, la fiction a au moins ce pouvoir-là.