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La veuve joueuse
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le 10 sept. 2020
"Reprenez votre liberté, vous me rendez la mienne"
Amour finissant entre Jean et Hélène qui, blessée, organise la rencontre de Jean et Agnès.
Après revisionnage j’ai trouvé le film très noir, vraiment ! S’il n’y a pas d’Amour possible mais seulement des preuves d’Amour, la vengeance engendrée par le chagrin se nourrit progressivement et sera sans pitié. Maria Casarès est une femme blessée, certes, capable du pire envers son amant Jean, avec lequel elle souhaite rester amie. Leur conversation dans la semi obscurité de l’appartement, non loin du feu à l’âtre crépitant, le laisse supposer. Hélène offre à Jean le cadeau d’anniversaire qu’elle devait lui mettre sous sa serviette lors du dîner qu’ils viennent de râter tous les deux. Lui, arrivé avant elle et attisant le feu et elle rentrant tardivement, raccompagnée par un ami. Jean, loin de s’imaginer ce qu’Hélène va lui dire, répondant à sa question «Vous aimez cet objet, Jean?», lui répond et la complimente : «J’aime l’or, il vous ressemble, chaud, froid, clair et incorruptible, tout comme vous». Ces deux là s’avouent leur désamour, Hélène la première, lui avouant ne plus être aussi impatiente de le voir. « mon cœur se détache de vous », lui dit-elle. Ruse et perfidie de sa part et/ou chagrin de femme pressentant ou devançant la fin proche de leur relation. «Reprenez votre liberté et moi la mienne» lui dit Jean. Ils se souhaitent une bonne nuit et partent chacun dans leur chambre. L’appartement est très sombre et Maria est filmée à contre-jour. Soudain un gros plan sur le visage de Maria baignée de larmes. L’on devine bien qu’elle souffre de l’entretien précédent. Tout l’intérêt du film est déjà mis en place. Au petit matin, Hélène toujours en larmes, ne veut plus qu’une chose, qu’on la laisse tranquille! Soudainement plan sur la jolie Agnès et ses gambettes, en train de danser. Belle scène, qui tranche avec le regard noir que lance Maria/Hélène vers Agnès. Elle pense déjà à l’élaboration de son stratagème. Elle présentera Agnès à Jean au bois de Boulogne devant la fameuse fontaine. Jean s’éprend d’Agnès tout en restant en contact avec Hélène. La seconde partie du film est un peu moins noire que la première niveau décors et photographie. Élina Labourdette/Agnès est un peu l’antithèse de Maria Casares/Hélène. Elle paraît plus jeune et surtout plus gaie. L’on assiste à un beau mariage ! Agnès refuse d’assister à la réception et implore Jean de ne pas l’obliger à s’y rendre. Il ne comprend pas pourquoi. Elle essaye à nouveau de lui parler de son passé, pleure, soudain prise de malaise. Tout semblait trop magnifique, hormis le fait qu’Hélène ait choisi ce moment là pour révéler à Jean, qui semble complètement désemparé, quel genre de femme il a épousé: « C’est simple, vous avez épousé une grue, retournez près d’Agnès, vous ne serez pas seul à la consoler, il y a tous ses amants et il y a foule ! » Il retourne auprès d’Agnès, la supplie de s’accrocher à la vie, lui dit qu’il l’aime. Agnès sourit et lui répond dans un souffle inaudible. Quel film et quel mélodrame ! Merci au cinéma de minuit. Version restaurée en 2021 sur une restauration complexe déjà effectuée en 1959, les négatifs ayant été détruits lors des bombardements alliés durant la seconde guerre mondiale.
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Créée
le 28 mars 2025
Modifiée
le 29 mars 2025
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7
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