Quand Suricate se donne corps et âme

Pour ce premier long métrage, l'équipe Suricate est fidèle à elle-même. Si on est amateur de leurs vidéos courtes, il est plus que probable qu'on adhère. Personnellement j'y ai vu un aboutissement.


Niveau réalisation et montage, c'est fait de la même manière que les vidéos. C'est assez surprenant pour une œuvre de cette durée. Le film va à cent à l'heure, succession de travellings et de cuts maîtrisés. Plutôt déroutant: le principe du format long étant justement de pouvoir prendre son temps pour raconter une histoire. Ici, tout est condensé en 1h15, là où la plupart des réalisateurs n'auraient pas hésité à étirer le récit sur 2h00.


De mon point de vue, c'est très bien comme tel. Cela donne un rythme effréné et ludique. La bande de joyeux drilles fait ce qu'elle sait faire et ne se fout pas de nous. Mieux, même ; j'ai trouvé Les Dissociés bien au dessus de tout ce qu'ils ont proposé auparavant.
Le plus remarquable à mon sens, c'est la clarté avec laquelle ils parviennent à décrire des situations compliquées, tout en maintenant une formidable cohérence (en cherchant bien, il y a quelques petits couacs, mais je ne vois pas l'intérêt de pinailler pour si peu).


Plus que Suricate, c'est toute une communauté d'artistes du web qui participe, dans des seconds rôles, notamment de brèves apparitions dans des parodies d'émissions télé, ou certaines personnalités se mettent en abyme ou à contre-emploi, en clin d’œil amusé au spectateur internaute.
Il y a même une incrustation dessinée de Boulet, aussi appropriée pour son rôle narratif que pour représenter plus largement le talent développé de part et d'autre via la toile.


Le plus jubilatoire étant l'aspect libéré et décomplexé. Dans beaucoup de fictions fantastiques, aussi réussies puissent-elles être, le côté sexuel est occulté. Ici, il prend sa place logique au sein des événements, un peu comme dans la série Misfits dans ses deux premières saisons (les deux seules valables à mes yeux, mais c'est sujet à une autre critique).


Je ne crie pas au chef-d’œuvre, ce serait insinuer qu'ils ne dépasseront pas ce cap de qualité, et vu leur progrès constant j'ose espérer qu'ils continueront de nous surprendre en bien. Mais je clame sincèrement qu'il y a du génie dans Les Dissociés. Ce n'est pas du "grand cinéma" (terme pompeux par excellence), ce n'est pas le truc incroyable qui marque et perdure dans le temps. Mais c'est un honnête et généreux moment de feel-good pour le public qu'il vise, c'est travaillé, intelligemment traité. Ça passe crème, quoi. Même que j'en redemande.


Je ne peux donc que recommander ce petit bijou de divertissement. À bon entendeur.

Veather
9
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Le 28 novembre 2015

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