Venu sur le tard à la réalisation, Pascal Bonitzer n'a pas dans sa filmographie d’œuvre vraiment marquante pas plus à vrai dire que de véritables catastrophes. Les envoûtés ne change pas la donne avec un synopsis qui donnerait pourtant envie avec une histoire inspirée d'Henry James. Des disparitions et des apparitions, au cœur d'une action resserrée autour de deux personnages principaux et de somptueux paysages des Pyrénées, enrobées dans un climat fantastique, il n'en fallait pas davantage pour exciter notre curiosité, le cinéma français s'aventurant assez peu sur ces rivages. Hélas, Les envoûtés ne tient que très peu de ses promesses, assez laborieusement réalisé et ne trouvant pas sa voie entre réalisme et étrangeté, se lovant finalement dans le sacro-saint drame psychologique à la française, très écrit (trop) mais déficitaire en spontanéité et en fraîcheur, et semblant à partir d'un certain moment ne plus savoir vers où se diriger. La chose est regrettable car l'on apprécie de voir enfin Sara Giraudeau occuper la place qu'elle mérite, excellente comédienne dont le physique atypique et la voix enfantine ne nuisent pas à la qualité de jeu. En revanche, le film est rempli de détails superfétatoires (le rôle de Balasko, le revolver, les scènes de sexe ...). Il aurait fallu plus d'audace à Bonitzer, soit pour traiter pleinement du sujet du deuil ou alors de la passion amoureuse, au lieu d'évoquer les deux avec une certaine mollesse qui laisse frustré et bien loin de l'envoûtement.