Tant qu'à parler de bric et de broc, autant évoquer le champion de la catégorie avec Les Fantastiques supermen chinois, alias Super Rider, remontage taïwanais des trois premiers moyens-métrages de la saga Kamen Rider, et dernier rejeton d'une trilogie de bidouillages similaires réalisée, pour une fois, avec l'accord de la Toei. Cela donne un film au concept proche de ce que fera Saban avec les Power Rangers, à savoir des scènes d'action en costume tirées de la série originelle et remontées avec des inserts d'acteurs locaux... en bien plus bordélique, évidemment.
Surtout que certains costumes de supervilains ont fait la navette entre le Japon et Taïwan, histoire que des personnages changent de visage selon les plans. Sans parler des designs des Kamen Rider qui ne sont pas toujours raccords. On profite donc du caractère kitsch des streums en latex, au nombre particulièrement généreux, et des bagarres dans des terrains vagues typiques des séries tokusatsu, des rajouts taïwanais (incluant l'acteur Wen Chiang-Liung, vu dans le nuit-excentriquement culte Les Hommes d'une autre planète) et la VF gentiment aux fraises qui qualifie le démoniaque Dr Mort d'hermaphrodite ambivalent, caractéristique dont il se vante sans qu'on sache trop comment il va lui assurer la domination mondiale par les adorateurs de Satan.
Il est marrant de se dire que la France, pourtant très poreuse à la culture populaire japonaise, a longtemps été préservée de toute importation de la saga Kamen Rider... à part ce film improbable de 1976 qui avait atteint nos écrans. L'inconvénient de ce revisionnage est la forte envie qu'il me procure d'acheter le coffret HD édité par Roboto Films et comprenant les neuf moyens-métrages de la période Showa des Kamen Rider.