Les Fantômes, premier film de Jonathan Millet, nous montre un thriller paranoïaque, une enquête documentaire et un drame profondément intime. Porté par une maîtrise de la tension et de sa structure dramatique, le film plonge dans l’obsession de Hamid, un homme dont le passé semble inexorable, hantant chaque moment de son présent. Arrivé à Strasbourg, cet homme traque l’ombre de ses pensées, un autre réfugié qui paraît se reconstruire avec une facilité cruelle – une vie sociale, des études, une relation amoureuse, autant de choses qui échappent à Hamid.
La caméra de Millet explore les traces que le trauma laisse sur la psyché, et l’abîme d’un homme incapable de tourner la page. Le rythme lent et les biais de confirmation invitent à sonder les tourments d’Hamid, dévoilant progressivement le poids des fantômes qui l'empêchent d’avancer.
Alternant entre les codes du thriller d'espionnage et une étude de caractère mélancolique, Les Fantômes s’insinue au cœur d’un "monde invisible", loin du simple récit de vengeance, où la surveillance et la recherche d’indices dictent, peut-être, les premières lignes d'une finalité meilleure.