Réfugié syrien, Hamid a survécu à l'enfer des geôles du régime Assad. Désormais, il est en Europe, et fait partie d'une cellule secrète qui cherche à traquer son ancien tortionnaire, dont il n'a jamais vu le visage. Le troublant étudiant qu'il a repéré est-il la cible tant attendue ?
Avec "Les Fantômes", Jonathan Millet parvient à réaliser un double objectif. D'une part, évoquer l'horreur de la guerre civile syrienne. Le deuil des disparus, la colère, la dépression, les tortures du régime... A ce niveau, Adam Bessa livre une belle prestation en ex-professeur aussi obsédé que ravagé émotionnellement.
D'autre part, le réalisateur nous fournit un beau film d'espionnage à l'ancienne. Qui rappelle beaucoup les films sombres des 70's, ou les films de traque d'ex-nazis. Chassés-croisés, filatures, récupération de détails, doutes, communications à l'ancienne... L'ambiance et les visuels sont réussis, malgré la relative absence d'antagoniste (mise à part une courte séquence à Beyrouth où l'on ressent davantage de pression).
Je serais juste dubitatif sur les techniques employées par nos espions en herbe. Filer en collant aux basques de sa cible, c'est assez peu crédible sur le long terme, d'autant que l'on finit par se demander quel en est l'intérêt. Et il y a des passages étranges : pourquoi sortir un carnet pour noter à la main devant tout le monde les noms orientaux dans la liste des élèves, quand on a smartphone qui permet de tout photographier ?
Si je mets ces quelques réserves de côté, "Les fantômes" demeurent une belle oeuvre, et un parti pris aussi intéressant que pertinent.