Une comédie muette aux gags subtils avec un récit bien amené.
James Shannon (Buster Keaton) est courtier dans un cabinet où il est associé à Billy Meekin (T. Roy Barnes). Les deux sont sidérés lorsqu'ils apprennent que l'un des deux hommes de bureau, en l'occurrence monsieur Shannon, est l'héritier d'une fortune familiale d'un montant de sept millions de dollars. Mais ce montant astronomique ne pourra être perçu qu'à une seule condition. Celle du mariage de James avant ses vingt-sept ans, c'est-à-dire dans moins de vingt-quatre heures.
De cet ingénieux pitch inspiré de la pièce de David Belasco, adapté par Roi Cooper Megrue, scénarisé ici par Joseph A. Mitchell et Jean C. Havez, naît une œuvre radieuse dans son rythme et drôle dans son hystérie.
Buster Keaton, qui est également le metteur en scène de ce court métrage, sait exactement comment il fallait découper les scènes et placer la caméra pour servir au mieux ses numéros comiques et le récit de son film.
Malgré l'identité drolatique de l'œuvre cinématographique, les spectateurs actuels peuvent observer dans "Les Fiancées en folie" le mépris, pour ne pas dire le racisme, ambiant et courant de l'époque des années 20. Je prends pour exemple la manière dont l'individu (parodié et/ou véritable) de couleur noire est tourné au ridicule. La figure afro-américaine, dans le cinéma de ce temps en tout cas, était principalement sujette aux injustes et honteuses moqueries. Traitement similaire, dans ce film, pour les personnes juives, ouvertement sujettes aux railleries dans un des passages du métrage.
Mais cet aspect, malheureusement, fait partie de l'histoire des États-Unis avec toute la violence et les injustices qui la caractérisent.
Hormis cela, la réalisation dynamique, accompagnée de la composition musicale de Robert Israel, fonctionne et donne un tempo certain à cette œuvre muette qui, dans sa deuxième partie, accélère de manière drastique.
Un joli trésor du cinéma qui, grâce aux restaurateurs techniques, a su traverser le temps et les époques pour arriver sur nos écrans d'aujourd'hui.