Troisième et dernier volet de cette trilogie Veber-Depardieu-Richard, c'est un film qui joue davantage sur l'émotion que les autres, ce qui fait que je l'ai bien apprécié.
Pierre Richard est encore une fois François Pignon, ici un homme au bout du rouleau qui braque une banque, et en s'y prenant très mal, il choisit un otage ... rien de moins que Gérard Depardieu, qui venait juste de sortir de prison après une série de casses et qui comptait se ranger ! Autant dire que la poisse est avec lui, la maladresse légendaire de Pignon va faire des merveilles.
Je dois dire que c'est souvent drôle, aussi bien grâce à Jean Carmet, qui joue un vétérinaire complètement à l'ouest, que par les réactions consternées de Depardieu face à la bêtise de Pignon dans des situations dramatiques. Sans oublier une scène avec Michel Blanc, qui n'est pas crédité au générique, en médecin alcoolisé. De ce point de vue-là, la mécanique de Francis Veber fait des merveilles, notamment Depardieu qui surnomme Pierre Richard en connard.
Mais là où j'ai été le plus surpris, c'est dans l'émotion que distille le film. Aussi bien dans la relation très touchante qu'a Pierre Richard avec sa petite fille, mais aussi dans le jeu de Depardieu face à cet enfant que je trouve magnifique.
Dans ces moments-là, entre son physique imposant à la voix si douce et cette fille pas plus haute que trois pommes qui ne parle, on croirait voir du coton à l'écran, quelque chose d'une infinie douceur qui jure complètement avec Pierre Richard. C'est là que je me dis que Gégé a quelque chose d'immense, pouvant passer d'une armoire normande, à une véritable guimauve l'instant d'après, juste avec un regard, ou avec une voix posée.
Même la musique de Vladimir Cosma se met à l'unisson, avec une musique plus inspirée que d'habitude.
C'est donc une très bonne surprise, me permettant d'apprécier encore une fois l'immense talent de Depardieu, et Veber d'aller sur le terrain glissant de l'émotion.