Film inclassable, car manquant de parti pris réel.
Bien qu'étant clairement une comédie, Les grandes ondes oscillent pas mal entre la farce pure (des trouvailles bonnes - les séquences du début, de l'arrivée au portugal : l'école, l'eau tiède, etc.- , et de moins bonnes - la bataille de sandwich, un peu grotesque, les scènes avec le "général" Vuillermoz-), et une espèce de décalage qui n'est pas toujours bien à propos, comme un cheveu qui tombe sur la soupe (la séquence Porgy and Bess, par exemple, qui fait davantage remplissage plutôt qu'autre chose; Valérie Donzelli , magnifique en "reine des pommes", n'est clairement pas à son avantage dans cette séquence de danse très très loin de son univers...).
Lionel Baier ne semble pas avoir une ligne directrice précise et s'éparpille pas mal en route. Même s'il a de bonnes idées de gags, cela ne suffit malheureusement pas pour faire un bon film. L'action étant censée se dérouler 40 ans auparavant, les villes et villages sont filmés par le tout petit bout de la lorgnette, de gros plans, des flous, qui donnent plus l'impression d'un théatre que d'un film... Le jeu des acteurs renforce encore cette impression, celui de valérie Donzelli, notamment, car on déclame beaucoup dans le film, dans une démesure à la hauteur des situations très décalées dans lesquelles ces acteurs sont plongés.
Le choix du 25 Avril 1974 et du début de la Révolution est bien sûr judicieux pour débarquer ces suisses au Portugal, mais l'évènement n'est pas suffisamment exploité, et en devient anecdotique, et même parasite l'ambiance générale du film.
En résumé, film sincère et touchant par moments (avec le jeune portugais fan de Pagnol, notamment), mais qui n'arrive pas à convaincre totalement par manque de cohérence...