Le capitaine James McKay (Gregory Peck) désire s'installer dans l'Ouest pour rejoindre sa fiancée Pat Terril (Carroll Baker) qu'il a rencontré sur la côte Est. Très vite il va être confronté à des moeurs et des valeurs qui ne sont pas les siennes. Et il va se retrouver mêlé à un conflit entre le major Terril (Charles Bickford) , le père de sa fiancée , et Rufus Hannassay (Burl Ives)...
Un an après "La loi du seigneur" , western qui reçut plusieurs oscars dont meilleur film et meilleur réalisateur (avec le recul c'est assez surprenant ...) et la palme d'or à Cannes, William Wyler retourne au western. Il retrouve Gregory Peck qui avait déjà tourné sous sa direction dans l'excellent "Vacances romaines". La star coproduit le film.
A une époque où les films vont à 100 à l'heure et où la psychologie des personnages est souvent bâclée , cela fait du bien de revoir "Les grands espaces".
Le cinéaste n'hésite pas à prendre son temps pour planter le décor où on découvre rapidement le caractère du héros James McKay : on découvre qu'il n'aime pas la violence et qu'il préfère ne pas répondre quitte à passer pour un lâche ce qui ne le dérange puisqu'il se moque de savoir ce qu'on pense de lui contrairement à sa fiancée. Une scène remarquable avec la fameuse coutume du pied tendre que les fans de la bd "Lucky Luke" connaissent (on dit d'ailleurs que Morris se serait peut-être inspiré de ce film pour cet épisode ...) .
Un peu plus tard on va découvrir le deuxième personnage féminin important joué par Jean Simmons qui s'appelle Julie Maragon.
La complexité des personnage fait plaisir à voir entre Steve Leech le contremaitre de Terril (Charlton Heston) , homme viril et secrètement amoureux de la fille de son patron , Pat Terril est une jeune femme totalement sous l'emprise de son père , James McKay est un pacifiste mais qui sait se bagarrer quand il le faut vraiment et qui sait ce qu'il veut ...
Ce qui est intéressant est de voir qu'au début on croit que le major Terril est un homme bon et Hannassey un méchant et qu'en fait la vérité est bien plus complexe que cela . La frontière entre le bien et le mal est très mince.
Et puis les sentiments entre les personnages évoluent ce qui distingue ce long métrage de beaucoup d'autres ...
William Wyler filme les paysages de manière magnifique. Il sait accélérer et mettre de la tension quand il le faut .
La distribution est à la hauteur de l'ambition du cinéaste: Charlton Heston est excellent en homme de main (Wyler s'en souviendra puisqu'il engagera l'acteur pour le célèbre "Ben-Hur") , Charles Bickford en impose en chef de famille , Burl Ives n'est pas en reste dans le rôle du rival, Carroll Baker est parfaite en jeune fille à papa , Jean Simmons est au moins aussi bonne que Carroll Baker (pour ma part je la trouve un peu au-dessus mais cela peut dépendre des gouts !) et bien sur Gregory Peck qui donne tout son calme et son charisme au pacifiste McKay. Un des meilleurs rôles de la star.
Malgré des critiques quelques peu mitigées à sa sortie, (en tout cas en France) le film obtiendra un joli succès (2 millions 200 000 entrées rien qu'en France. Avec les années le film sera considéré à juste titre comme un classique du genre. Un film qui se bonifie à chaque vision !