Il existe des comédies qui misent tout sur l’excès, sur la blague lancée sans filet, sur le plaisir de l’irrévérence assumée. Les Grands Frères tente de jouer cette carte, mais touche rarement juste. Elle propose deux ou trois moments qui fonctionnent —beaucoup trop peu pour tenir tout un film— et quelques idées amusantes, mais donne surtout l’impression de forcer l’humour en permanence.
Le problème n’est pas tant la bêtise que l’insistance. Les situations se répètent, les gags s’étirent inutilement, et le film semble croire que le volume peut remplacer l’esprit. Quand ça marche, on le sent immédiatement ; quand ça rate, ce qui arrive souvent, l’humour devient bruyant et fatigant.
Ce qui sauve un peu l’ensemble, c’est le casting et certains dialogues bien sentis qui relèvent ponctuellement une scène. Il y a aussi une curiosité presque involontaire dans son regard sur un univers geek, sans jamais aller au bout de l’idée. Le film aurait gagné à être plus mordant et moins complaisant.
Son envie de conclure sur une morale sympathique finit par l’alourdir. Vouloir être à la fois irrévérencieux et attendrissant dilue ce qu’il pouvait avoir de singulier.
Ce n’est pas un naufrage complet, mais clairement une occasion manquée. Sur une multitude de tentatives, seules deux ou trois font mouche. Le reste s’évapore dans le bruit et l’oubli.